🐕‍đŸŠș Article L 2141 1 Du Code De La SantĂ© Publique

ArticleL. 2141-2 du code de la santĂ© publique; Circulaire du 19 avril 2007 (JO du 17 mai) Lire en complĂ©ment Le congĂ© de maternitĂ© Le congĂ© d’adoption Les congĂ©s payĂ©s La protection contre les discriminations Le congĂ© de paternitĂ© et d’accueil de l’enfant - naissances intervenues Ă  compter du 1 er juillet 2021. Suivez-nous sur Twitter; Suivez-nous sur Facebook Cette dĂ©cision intervient aprĂšs que le Conseil constitutionnel a Ă©tĂ© saisi le 16 mai dernier par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC) relative Ă  la conformitĂ© aux droits et libertĂ©s que la Constitution garantit de l' article L. 2141-2 du Code de la santĂ© publique, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la loi n° 2021-1017 du 2 aoĂ»t 2021 relative Ă  AgenceRĂ©gionale de SantĂ© : Auvergne-RhĂŽne-Alpes: Poste n° Nom Ă©tablissement: Code FINESS (EJ) SpĂ©cialitĂ©: LibellĂ© poste: 1: HOPITAUX DROME NORD (HDN) 2600016910: AnesthĂ© ArticleL2141-11-1 EntrĂ©e en vigueur 2021-08-04 L'importation et l'exportation de gamĂštes ou de tissus germinaux issus du corps humain sont soumises Ă  une autorisation dĂ©livrĂ©e par Uneerreur de qualification d’un immeuble ou l’oubli de la sortie du domaine public prĂ©alablement Ă  la vente peuvent avoir des consĂ©quences importantes. L’absence de toute prescription Ladirectrice gĂ©nĂ©rale de l’Agence de la biomĂ©decine, Vu le code de la santĂ© publique, et notamment les articles L. 2142-1-1, R. 2142-1, et R. 2142-10 Ă  R. 2142-18 ; Vu la dĂ©cision no 2008-23 du 23 juin 2008 fixant la composition du dossier de demande d’agrĂ©ment prĂ©vu Ă  l’article R. 2142-10 du code de la santĂ© publique ; ArticleL2141-1 du Code de la santĂ© publique - L'assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation s'entend des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, la conservation des gamĂštes, des tissus germinaux et des embryons, le transfert d'embryons et l'insĂ©mination artificielle. La liste des procĂ©dĂ©s biologiques Ladirectrice gĂ©nĂ©rale de l’Agence de la biomĂ©decine, Vu le code de la santĂ© publique, et notamment les articles L. 2142-1-1, R. 2142-1, et R. 2142-10 Ă  R. 2142-18 ; Vu la dĂ©cision no 2006-41 du 26 dĂ©cembre 2006 fixant la composition du dossier de demande d’agrĂ©ment prĂ©vu Ă  l’article R. 2142-10 du code de la santĂ© publique ; Article L2141-1 du Code de la santĂ© publique [38] « L'assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation a pour objet de remĂ©dier Ă  l'infertilitĂ© d'un couple ou d'Ă©viter la transmission Ă  l'enfant ou Ă  un membre du couple d'une maladie d'une particuliĂšre gravitĂ©. Le caractĂšre pathologique de l'infertilitĂ© doit ĂȘtre mĂ©dicalement diagnostiquĂ©. L'homme et la femme formant le couple . 21 janvier 2014 La communication des collectivitĂ©s territoriales En ce dĂ©but de mandat, les attentes des habitants sont fortes en matiĂšre d’information, de communication politique et de participation. Il appartient aux Ă©lus d’investir cette question et de construire avec les professionnels des stratĂ©gies adaptĂ©es. La communication publique et politique est l’une des missions de service public de la collectivitĂ© et une obligation donnĂ©e par la loi. C’est une pratique professionnelle avec ses mĂ©tiers, ses rĂšgles et son Ă©thique, une pratique technique qui a ses outils diversifiĂ©s et complexes. Ce 50 questions » en prĂ©sente les spĂ©cificitĂ©s. Les rĂ©fĂ©rences clĂ©s DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen, Article 14 Loi du 29 juillet 1881 Sur la libertĂ© de la presse Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 Relative Ă  l’informatique, aux fichiers et aux libertĂ©s Loi n° 92-125 du 6 fĂ©vrier 1992 Relative Ă  l’administration territoriale de la RĂ©publique ATR Loi n° 95-101 du 2 fĂ©vrier 1995 Relative au renforcement de la protection de l’environnement Loi n° 95-115 du 4 fĂ©vrier 1995 D’orientation pour l’amĂ©nagement et le dĂ©veloppement du territoire Loi n° 99-533 du 25 juin 1999 D’orientation pour l’amĂ©nagement et le dĂ©veloppement durable du territoire et portant modification de la loi n° 95-115 du 4 fĂ©vrier 1995 Loi n° 2000-1208 du 13 dĂ©cembre 2000 Relative Ă  la solidaritĂ© et au renouvellement urbains SRU Loi n° 2002-276 du 27 fĂ©vrier 2002 Relative Ă  la dĂ©mocratie de proximitĂ© Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 Pour la confiance dans l’économie numĂ©rique LCEN CE, 4 juillet 2011, Elections rĂ©gionales d’Ile-de-France, n° 338033 et 338199 jurisprudence Huchon » Qu’est-ce que la communication publique ? La communication publique est une communication d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral exercĂ©e par les 39 500 collectivitĂ©s locales et 15 000 syndicats intercommunaux, les institutions nationales ou europĂ©ennes Parlement, ministĂšres, prĂ©fectures, Ă©tablissements publics
 et les organismes publics locaux universitĂ©s, hĂŽpitaux, chambres consulaires, SEM, organismes de logement social, agences d’urbanisme et de dĂ©veloppement, office de tourisme, associations
. Reconnue comme un service public Ă  part entiĂšre, elle nourrit l’expression de la citoyennetĂ©, la participation au dĂ©bat dĂ©mocratique et favorise l’usage des services publics. Elle assure la pĂ©dagogie des dĂ©cisions et des politiques publiques. Elle contribue Ă  donner du sens Ă  la vie publique et politique. C’est une mission stratĂ©gique, essentielle au fonctionnement de l’action publique. Quels rapports avec la communication politique ? Parce que la communication est une dimension stratĂ©gique de l’action publique, elle se situe Ă  la frontiĂšre de l’administratif et du politique. AttachĂ©e Ă  l’institution et Ă  ses Ă©lus, la communication publique inclut incontestablement une dimension politique. Elle n’est pas pour autant partisane et doit respecter les principes d’égalitĂ© et de neutralitĂ© du service public. Elle se distingue donc de la communication purement politique attachĂ©e aux partis et aux compĂ©titions Ă©lectorales. Certes la frontiĂšre est tĂ©nue notamment pour les Ă©lus concernĂ©s tour Ă  tour par l’une et l’autre. Mais plusieurs lois et une abondante jurisprudence ainsi que la Charte dĂ©ontologique de la communication publique 2002 veillent Ă  la bonne articulation entre communications publique et politique. Et le Code Ă©lectoral distingue ce qui est, en pĂ©riode Ă©lectorale, du ressort de chacune d’elle. Quelle diffĂ©rence avec la communication privĂ©e ? La communication publique s’adresse Ă  tous citoyens, habitants, contribuables, usagers des services publics, lĂ  oĂč la communication privĂ©e s’adresse aux cibles liĂ©es Ă  l’activitĂ© des entreprises. La dimension d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de la premiĂšre se dĂ©marque du caractĂšre marchand de la seconde par des objectifs, des dispositifs et des messages diffĂ©rents. L’efficacitĂ© de la communication privĂ©e peut se mesurer Ă  travers des critĂšres objectifs comme les indicateurs commerciaux, celle de la communication publique est beaucoup moins quantifiable. Cependant, les techniques de communication peuvent ĂȘtre les mĂȘmes l’approche marketing, par exemple, a beaucoup apportĂ© Ă  la communication des collectivitĂ©s. Il existe donc des passerelles importantes pour les professionnels de la communication entre privĂ© et public. Quelle diffĂ©rence entre information et communication ? Il est commun de diffĂ©rencier information et communication, comme on oppose journaliste et communicant. L’information informare, mettre en forme dĂ©signe les nouvelles news, les donnĂ©es data ou le savoir knowledge. Elle rend compte des faits. La communication communicare, mettre en commun fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’interaction entre les personnes et concerne la transmission des messages, de l’émission Ă  la rĂ©ception. L’information municipale ne reprĂ©sente donc qu’une partie de la communication publique qui s’attache plus largement Ă  crĂ©er du lien social, gĂ©nĂ©rer de l’adhĂ©sion, favoriser la participation. Par extension, la communication recouvre l’ensemble des mĂ©dias, des techniques et des acteurs. Les collectivitĂ©s ont-elles une obligation de communiquer ? L’article du Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales reconnaĂźt un droit des habitants de la commune Ă  ĂȘtre informĂ©s des affaires de celle-ci » comme un principe essentiel de la dĂ©mocratie locale ». DĂšs 1978, la jurisprudence a consacrĂ© la communication institutionnelle comme un service public Ă  part entiĂšre. La loi ATR de 1992 et la loi de 2002 relative Ă  la dĂ©mocratie de proximitĂ© sont venues renforcer le droit des citoyens Ă  l’information et Ă  la participation. La communication territoriale est encadrĂ©e par la loi sur la presse de 1881 et par les principes de neutralitĂ© et d’égalitĂ© du service public. Elle ne peut porter que sur des sujets d’intĂ©rĂȘt local. Les lois sur le financement de la vie publique adoptĂ©es entre 1990 et 1995 ont prĂ©cisĂ© son cadre juridique en posant notamment un certain nombre de restrictions en pĂ©riode Ă©lectorale voir p. II, Les rĂ©fĂ©rences ». Quelles sont les principales missions de la communication territoriale ? Habituellement, 6 missions sont donnĂ©es Ă  la communication territoriale – Une mission citoyenne, confirmĂ©e par la loi rendre compte de l’action des institutions Ă©lues, rendre lisible la dĂ©cision publique, animer la vie dĂ©mocratique locale pour favoriser la participation des habitants ; – Une mission sociĂ©tale Ă©clairer les enjeux collectifs civisme, prĂ©vention, santé  et chercher Ă  faire Ă©voluer les comportements individuels ; – Une mission d’information publique contribuer au bon fonctionnement des services publics en assurant l’accĂšs aux droits ; – Une mission de promotion du territoire porter l’identitĂ©, valoriser les atouts, attirer les activitĂ©s Ă©conomiques ou touristiques ; – Une mission d’animation du territoire soutenir ses activitĂ©s culturelles, sportives, associatives, Ă©conomiques et sociales ; – Une mission interne informer les agents, contribuer au management des Ă©quipes. Qui communique au sein d’une collectivitĂ© ? Les Ă©metteurs sont multiples. Les premiers vecteurs de communication sont le maire et les Ă©lus. Ils portent une parole personnelle, qui peut ĂȘtre institutionnelle ou politique, et incarnent la collectivitĂ©. En fonction de la taille de la commune, la fonction communication peut ĂȘtre assurĂ©e par le cabinet, par un attachĂ© de presse ou, le plus souvent, par le responsable de la communication dont le service met en oeuvre la stratĂ©gie. Les autres services peuvent Ă©galement communiquer autour des politiques sectorielles et des projets dont ils ont la charge. A noter Les agents eux-mĂȘmes communiquent de maniĂšre individuelle, notamment lorsqu’ils sont sur le terrain, au contact de la population. Ils sont les premiers ambassadeurs de la collectivitĂ©. C’est pour cela qu’on dit souvent qu’en communication, l’externe commence par l’interne. AuprĂšs de qui communiquer ? La communication publique s’adresse prioritairement aux habitants qui ne constituent toutefois pas une cible homogĂšne. Selon leurs activitĂ©s ou leur Ăąge, ils sont touchĂ©s diffĂ©remment par les supports de communication. La communication vise aussi ceux qui ont une activitĂ© sur le territoire sans y rĂ©sider, ceux qui y travaillent, ceux qui y rĂ©sident temporairement comme les Ă©tudiants, ceux qui viennent y utiliser des services publics Ă©quipements, transports
. La communication porte au-delĂ  du territoire vers les investisseurs, les entreprises, les touristes
 Ă  travers le marketing territorial. Elle touche aussi les relais d’opinion relations presse, relations publiques, relations institutionnelles. Enfin, la communication s’adresse aussi aux agents de la collectivitĂ©, ce qui est du ressort de la communication interne. Les citoyens disposent d’un grand nombre de moyens d’information sur la vie locale journaux – notamment la PQR -, radios et tĂ©lĂ©s locales, sites et rĂ©seaux sociaux, affichage, Ă©vĂ©nements locaux, rĂ©unions et dĂ©bats notamment associatifs
 sans oublier le bouche Ă  oreille. Dans cet environnement mĂ©diatique local, qui ne cesse de se dĂ©velopper, chaque mĂ©dia joue son rĂŽle et a son public. MalgrĂ© la mondialisation de l’information, les Français restent attachĂ©s Ă  l’information locale qui parle de leur vĂ©cu, de leur quotidien et qui est produite par des acteurs proches d’eux. Les collectivitĂ©s locales sont des Ă©metteurs importants dans cet environnement mĂ©diatique. Pour les Français, leur communication, bien que portĂ©e par des institutions, est lĂ©gitime et digne de confiance, et ne rencontre pas de suspicion particuliĂšre. Quelle est la place de l’information publique ? D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, dans la hiĂ©rarchie des moyens d’information sur la vie locale, les mĂ©dias Ă©mis par les collectivitĂ©s territoriales priment sur les autres mĂ©dias. Le journal municipal est le premier support d’information des Français sur la vie locale. Les sites internet des collectivitĂ©s locales sont davantage utilisĂ©s que les sites non institutionnels. GrĂące Ă  la diversitĂ© des outils mis en oeuvre et Ă  leur professionnalisme, la communication publique tient une place primordiale dans l’information locale. Le journal territorial plĂ©biscitĂ©. 84 % des Français dĂ©clarent utiliser le journal de leur commune pour s’informer sur la vie locale. 34% de ses utilisateurs trouvent qu’il informe particuliĂšrement bien. Un constat dressĂ© par le BaromĂštre 2013 de la communication locale Les Français apprĂ©cient-ils la communication de leurs collectivitĂ©s ? Les Français se disent relativement bien informĂ©s par leurs collectivitĂ©s locales sur les divers sujets relevant de la vie quotidienne. Selon le BaromĂštre 2013 de la communication locale, ils se dĂ©clarent particuliĂšrement bien informĂ©s sur la vie culturelle, les loisirs et les sorties, la vie associative, l’éducation, les activitĂ©s extrascolaires et les amĂ©nagements et travaux. Les sujets concernant la vie politique locale et le fonctionnement politique et administratif semblent moins bien couverts. Seulement un citoyen sur deux se dit satisfait. QualitĂ© de l’information et confiance dans les institutions. 50 % des Français se dĂ©clarent mal informĂ©s sur le budget de sa collectivitĂ©, 70 % sur les compĂ©tences et sur le fonctionnement des services publics. Ce sentiment d’obscuritĂ© sur la gestion des collectivitĂ©s n’est pas sans lien avec la dĂ©fiance envers les politiques. Depuis quand les collectivitĂ©s locales communiquent-elles ? Les villes ont toujours communiquĂ©. Le garde champĂȘtre et son tambour remontent au Moyen-Age et la RĂ©volution française marque l’essor de l’affichage public. Dans les annĂ©es 1870, les communes se dotent de bulletins municipaux. En 1882, Paris Ă©dite un bulletin quotidien. En 1935, le bulletin de Marseille devient un magazine illustrĂ©. Le dĂ©ploiement de la communication des collectivitĂ©s date toutefois des lois de dĂ©centralisation de 1982. Dans ces annĂ©es, d’anciens journalistes intĂšgrent les services municipaux d’information et les grandes collectivitĂ©s se lancent dans la promotion de leur territoire, comme Montpellier la surdouĂ©e ». Depuis les annĂ©es 2000, la communication s’est structurĂ©e, son professionnalisme s’est renforcĂ© grĂące Ă  des formations initiales et continues spĂ©cifiques. Les outils se sont multipliĂ©s notamment avec l’arrivĂ©e d’internet. La communication est-elle une dĂ©pense nĂ©cessaire ? Il est frĂ©quent que des parlementaires proposent d’encadrer les dĂ©penses de communication des collectivitĂ©s. Pourtant, les budgets qu’elles affectent Ă  leur communication reprĂ©sentent de l’ordre de 1 % de leurs dĂ©penses de fonctionnement. Au regard de l’obligation d’information et de promotion du territoire et des services publics, l’investissement reste mesurĂ©. La communication est une dĂ©pense parmi d’autres mais tout aussi indispensable dans la conduite des projets ou le fonctionnement des services. Une bonne communication peut mĂȘme ĂȘtre source d’économies. Mais, plus que dans le privĂ©, les excĂšs de dĂ©penses de prestige ou de relations publiques sont refusĂ©es par les citoyens. Trop de dĂ©penses de com’ ? L’ensemble des budgets annuels de communication des communes, intercommunalitĂ©s, dĂ©partements et rĂ©gions reprĂ©sente moins que les dĂ©penses publicitaires cumulĂ©es des 5 premiers annonceurs privĂ©s. Le maire, ou le prĂ©sident, est le premier vecteur de communication de la collectivitĂ©. Parce qu’il incarne l’institution, il en porte l’image au quotidien. Sa parole est forte. Sa communication passe par les interventions publiques, les discours, les Ă©ditos. Elle peut-ĂȘtre directe avec les citoyens Ă  travers des courriers, des rĂ©unions publiques ou des visites de terrain. Les relations presse sont un mode de communication important pour le maire qui peut en confier la gestion Ă  un attachĂ© de presse. Les prises de paroles en direction des agents, dont il est le patron, contribuent Ă©galement Ă  la communication externe. Enfin, le maire peut ĂȘtre prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux Facebook et Twitter. Il peut s’y exprimer de maniĂšre plus personnelle ou politique, mais doit veiller au risque de confusion entre parole privĂ©e et parole publique. La communication est-elle un mĂ©tier ? Nombreux sont ceux, notamment les Ă©lus, qui ont un sens de la communication. Cela ne suffit pas pour autant Ă  construire une stratĂ©gie. La communication est une fonction qui fait appel Ă  des mĂ©tiers. Elle s’appuie sur une technicitĂ© liĂ©e Ă  la connaissance des thĂ©ories de la communication, Ă  la construction des messages, au choix des canaux, Ă  l’identification des cibles, Ă  la mise en oeuvre et la coordination des outils. Si l’on conçoit bien ce que sont les mĂ©tiers techniques infographiste, webmaster, community manager
 ou spĂ©cialisĂ©s journaliste, attachĂ© de presse, chargĂ© des Ă©vĂ©nements ou du protocole
, on perçoit plus difficilement la technicitĂ© des fonctions gĂ©nĂ©ralistes de chargĂ© ou responsable de communication. Ces mĂ©tiers font appel Ă  des compĂ©tences professionnelles spĂ©cifiques qui s’acquiĂšrent au travers de l’expĂ©rience et de formations initiales ou continues. On estime Ă  25 000 le nombre de communicants publics en France. Au sein des collectivitĂ©s locales, ils reprĂ©sentent environ 1 % des effectifs de la FPT. Le CNFPT distingue 6 mĂ©tiers mais la rĂ©alitĂ© est plus diverse, liĂ©e Ă  l’organisation et aux attributions des services communication ainsi qu’aux parcours professionnels des communicants. D’autant que les concours administratifs ne prĂ©voient pas de filiĂšre spĂ©cifique Ă  la communication. Les communicants peuvent partager expĂ©riences et bonnes pratiques Ă  travers Cap’Com, leur rĂ©seau professionnel national, et des associations locales. Chaque annĂ©e le Forum de la communication publique et territoriale tient lieu de congrĂšs de la profession. FPT les six mĂ©tiers de la communication. Directeur, chargĂ© de communication, chargĂ© de publication, photographe-vidĂ©aste, chef de projet numĂ©rique, chargĂ© de crĂ©ation graphique. A quoi sert un responsable de la communication ? Le responsable de la communication dĂ©finit et met en oeuvre la stratĂ©gie de communication de la collectivitĂ© en lien avec les Ă©lus et les services. Il a pour mission de traduire l’action publique dans un plan de communication, il coordonne les actions de communication projet par projet, met en oeuvre les outils et assure la cohĂ©rence des messages. Il exerce une fonction transversale, Ă  la fois technique et stratĂ©gique. Le pĂ©rimĂštre de ses attributions peut varier selon l’organisation de la collectivitĂ© protocole, tourisme, culture, marketing territorial, communication interne
 Comme tout directeur de service, il construit et gĂšre son budget, manage une Ă©quipe, et rend compte de son action. Plus il est associĂ© en amont des projets, plus il peut mettre en oeuvre une stratĂ©gie de communication efficace. Il n’y a pas un modĂšle d’organisation unique de la communication. Fonction stratĂ©gique et fonction support, son organisation doit permettre de rĂ©pondre Ă  plusieurs objectifs – s’assurer que le service est le producteur, ou pour le moins le coordonnateur, de l’ensemble des actions de communication de la collectivitĂ© afin de garantir la cohĂ©rence des messages, des actions et des budgets ; – placer le service en position de conseil vis-Ă -vis des autres services car la communication se pense en amont des projets ; – lui donner la capacitĂ© d’aller chercher l’information, dans les services comme sur le terrain, car l’écoute, la comprĂ©hension des attentes, garantissent l’efficacitĂ© de la communication ; – privilĂ©gier le mode de travail par projet pour penser la complĂ©mentaritĂ© des outils. Comment positionner la communication au sein de la collectivitĂ© ? Le rattachement de la communication au maire, au cabinet ou Ă  la direction gĂ©nĂ©rale traduit son rapport au politique. Si le rattachement Ă  l’exĂ©cutif prĂ©valait jusqu’ici, on constate, dans la derniĂšre enquĂȘte Cap’Com, un rééquilibrage au profit des DGS 50-50. La professionnalisation et la normalisation » de la fonction communication expliquent en partie cette tendance. Les situations restent diverses et certaines collectivitĂ©s ont fait le choix du double rattachement. Mais le positionnement n’est pas seulement affaire de rattachement. La participation du directeur de la communication au comitĂ© de direction est significative d’une approche stratĂ©gique de la communication. Ă  noter L’implication de l’exĂ©cutif, la dimension et les attributions du service communication, sa relation aux autres services dĂ©finiront un positionnement de conseil ou de prestation. La communication en direction des agents de la collectivitĂ© devient une prioritĂ© affichĂ©e. Alors que la complĂ©mentaritĂ© entre publics interne et externe a longtemps Ă©tĂ© nĂ©gligĂ©e, les Ă©lus ont pris conscience de l’importance de mobiliser les personnels comme relais d’information auprĂšs des habitants. ConfiĂ©e Ă  la DRH, la communication interne s’est souvent limitĂ©e Ă  un rĂŽle d’information opĂ©rationnelle, dĂ©connectĂ©e des projets de la collectivitĂ©. Depuis quelques annĂ©es, elle est de plus en plus rattachĂ©e Ă  la communication. Une Ă©volution qui permet d’assurer une plus grande cohĂ©rence des messages, de partager les outils et les compĂ©tences. Elle rĂ©pond au renforcement du positionnement et des missions assignĂ©es Ă  la communication interne dans un contexte de rĂ©formes. Quelle place pour la communication intercommunale ? Les intercommunalitĂ©s ont pris leur essor, en matiĂšre de communication aussi. Deux tiers des communautĂ©s de communes sont aujourd’hui dotĂ©es d’un service communication structurĂ©. Leur communication est surtout centrĂ©e sur les services publics. Mais avec les rĂ©formes territoriales et le scrutin direct, elles communiquent davantage sur l’institution, son projet et sur le territoire qu’elles reprĂ©sentent. Elles portent de plus en plus le marketing territorial et la communication touristique. La coordination est encore peu frĂ©quente et souvent informelle entre la communication de l’intercommunalitĂ© et celles des villes membres mais elle s’impose aujourd’hui autant en raison des compĂ©tences partagĂ©es que des Ă©conomies budgĂ©taires Ă  rechercher. Fusion des services, mutualisation des Ă©quipes ou des outils, coordinations des actions, il n’y a pas de modĂšle unique. L’externalisation des prestations de communication rĂ©pond Ă  un besoin technique – la compĂ©tence n’existe pas en interne – ou Ă  la nĂ©cessitĂ© de porter un regard nouveau et crĂ©atif sur une problĂ©matique de communication. La collectivitĂ© peut ĂȘtre accompagnĂ©e sur la stratĂ©gie globale, sur une campagne en particulier ou sur des prestations sĂ©parĂ©es. Il existe des prestataires ou agences spĂ©cialisĂ©s en communication publique, rĂ©pertoriĂ©s dans le Guide Cap’Com. Le cadre de la commande publique requiert une mise en oeuvre adaptĂ©e aux achats de prestations intellectuelles. Il faut bien dĂ©finir les objectifs et les moyens, s’appuyer sur les compĂ©tences des agences et privilĂ©gier l’approche globale par rapport aux jugements de goĂ»t. Bien conduite, l’externalisation peut ĂȘtre source d’efficacitĂ© et d’économie. Quelle est la responsabilitĂ© juridique du maire ? En tant que reprĂ©sentant lĂ©gal de la collectivitĂ©, le maire ou le prĂ©sident est, de fait, le directeur de la publication. À ce titre, il est garant des contenus diffusĂ©s dans le magazine de la collectivitĂ© mais aussi dans tous les supports de communication. Il est pĂ©nalement responsable des infractions au droit de la presse rĂ©gi par la loi de 1881. Il doit donc veiller aux dĂ©clarations, mentions et dĂ©pĂŽts obligatoires, garantir le droit de rĂ©ponse ou de rectification, prĂ©venir les dĂ©lits de presse comme la diffamation ou l’injure. Cette responsabilitĂ© s’étend aux contenus publiĂ©s sur les sites ou les rĂ©seaux sociaux Ă©ditĂ©s par la collectivitĂ©, quel que soit l’auteur de ces contenus loi LCEN de 2004. Quelles sont les obligations en matiĂšre de propriĂ©tĂ© intellectuelle ? La communication territoriale est soumise au droit de la propriĂ©tĂ© intellectuelle posĂ©e par l’article du Code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Le droit d’auteur s’applique Ă  toute crĂ©ation intellectuelle qui revĂȘt un caractĂšre original, indĂ©pendamment de sa forme et de sa destination. Un logo, une affiche, une photographie, un site internet, un article de journal sont protĂ©gĂ©s par le droit d’auteur. Le droit moral est attachĂ© Ă  l’auteur une collectivitĂ© ne peut donc pas rĂ©utiliser ou modifier une crĂ©ation sans son accord. Les droits patrimoniaux sont cĂ©dĂ©s Ă  la collectivitĂ© de maniĂšre explicite un contrat de cession Ă©crit doit prĂ©ciser la durĂ©e et les formes d’utilisation de l’oeuvre. Dans un marchĂ© public, la cession de droit est prĂ©vue par l’article 25 du cahier des clauses administratives gĂ©nĂ©rales CCAG dĂ©diĂ© aux prestations intellectuelles. Les agents publics bĂ©nĂ©ficient du droit d’auteur sous certaines limites liĂ©es Ă  l’exercice de leur mission. Quelles sont les obligations en matiĂšre de droit Ă  l’image ? L’exploitation de l’image d’une personne sans son autorisation constitue une atteinte au droit Ă  l’image protĂ©gĂ© par l’article 9 du Code civil. Une autorisation est nĂ©cessaire qui en prĂ©cise les diffĂ©rentes utilisations l’autorisation donnĂ©e pour un magazine n’autorise pas la publication de la mĂȘme photo sur internet. L’illustration des faits d’actualitĂ©, des Ă©vĂ©nements et des lieux publics peut constituer une exception Ă  cette obligation. Les agents publics sont protĂ©gĂ©s par le droit Ă  l’image dans les mĂȘmes conditions que les personnes privĂ©es. Le droit Ă  l’image des biens est moins systĂ©matique mais doit respecter la propriĂ©tĂ© intellectuelle. La reproduction d’un bĂątiment public peut donc nĂ©cessiter l’autorisation de l’architecte. En cas de doute, des banques d’images permettent d’illustrer sans risque juridique les supports de communication corporate ou Ă©lectorale. La communication sur internet est-elle soumise Ă  des rĂšgles spĂ©cifiques ? La communication numĂ©rique est soumise au mĂȘme cadre juridique que la communication traditionnelle. Des prĂ©cisions ont toutefois Ă©tĂ© apportĂ©es au fil du temps. La loi informatique et libertĂ©s de 1978 protĂšge les donnĂ©es personnelles et impose la dĂ©claration des fichiers. La loi LCEN de 2004 crĂ©e la distinction entre Ă©diteur et hĂ©bergeur. En tant qu’éditeur, la collectivitĂ© est responsable des contenus publiĂ©s sur ses supports numĂ©riques quel qu’en soit l’auteur. Les commentaires et les liens hypertextes peuvent engager la responsabilitĂ© du directeur de publication. Depuis 2005, les sites internet publics doivent ĂȘtre accessibles aux personnes handicapĂ©es physiques ou mentales. Enfin, les villes de plus de 3 500 habitants et les EPCI auront bientĂŽt l’obligation d’ouvrir leurs donnĂ©es publiques et les mettre Ă  disposition gratuitement c’est la gĂ©nĂ©ralisation de l’open data. Peut-on communiquer en pĂ©riode Ă©lectorale ? L’article 52-1 du Code Ă©lectoral interdit les campagnes de promotion publicitaire des rĂ©alisations et de la gestion d’une collectivitĂ© » dans les 6 mois prĂ©cĂ©dant l’élection. Une collectivitĂ© ne peut pas valoriser son action mais peut continuer Ă  communiquer dĂšs lors qu’elle respecte les 4 principes d’antĂ©rioritĂ©, de rĂ©gularitĂ©, d’identitĂ© de forme et de neutralitĂ© des actions de communication. Le magazine peut continuer Ă  paraĂźtre avec l’édito du maire et les manifestations se tenir de maniĂšre habituelle. Une attention particuliĂšre est portĂ©e sur les contenus il faut donc prohiber les prĂ©sentations positives de l’action municipale et les allusions Ă  la campagne Ă©lectorale. Le non-respect de ces dispositions peut conduire Ă  l’annulation du scrutin ou Ă  la rĂ©intĂ©gration des dĂ©penses dans les comptes de campagne cf. jurisprudence Huchon », 2011. Quelles sont les obligations en matiĂšre d’expression politique ? La loi de 2002 relative Ă  la dĂ©mocratie de proximitĂ© accorde un droit d’expression aux Ă©lus n’appartenant pas Ă  la majoritĂ© municipale dans les communes de plus de 3 500 habitants et les EPCI. Ce droit est accordĂ© Ă  titre individuel, indĂ©pendamment de l’appartenance Ă  un groupe politique. Il s’applique Ă  tout bulletin d’information gĂ©nĂ©rale sur les rĂ©alisations et la gestion du conseil municipal ». En sont exclues les publications ponctuelles, thĂ©matiques ou destinĂ©es Ă  un public spĂ©cifique. Il s’étend aux supports numĂ©riques comme le site internet, un blog ou une page Facebook dĂšs lors qu’ils traitent de l’ensemble des compĂ©tences de la collectivitĂ©. Le droit d’expression est rĂ©gi par le rĂšglement intĂ©rieur qui peut prĂ©voir, dans un article spĂ©cifique, l’expression de la majoritĂ©. Le non-respect du droit d’expression est susceptible d’un recours devant le tribunal administratif. Les marchĂ©s publics de communication sont-ils spĂ©cifiques ? Les marchĂ©s publics de communication sont soumis aux principes dĂ©finis par le Code des marchĂ©s publics transparence, Ă©galitĂ© de traitement et libre accĂšs Ă  la commande publique. Mais ils ne sont pas des marchĂ©s classiques car ils impliquent le plus souvent la rĂ©alisation de prestations intellectuelles. Cette spĂ©cificitĂ©, liĂ©e Ă  la nĂ©cessaire souplesse de leur mise en oeuvre, est prise en compte dans le Code. L’acheteur public peut librement dĂ©finir ses critĂšres d’attribution et leur pondĂ©ration. Le prix de la prestation ne doit pas ĂȘtre le critĂšre dominant au risque de tirer la qualitĂ© de la prestation vers le bas et accroĂźtre le risque d’insatisfaction. Les critĂšres doivent permettre d’évaluer la valeur du conseil et de l’accompagnement dans la durĂ©e, la capacitĂ© de crĂ©ation, l’aptitude Ă  respecter les dĂ©lais et les compĂ©tences techniques et professionnelles. La communication peut-elle favoriser la participation des habitants ? MalgrĂ© l’abstention croissante et la dĂ©fiance envers leurs Ă©lus, les Français souhaitent pouvoir participer Ă  la vie de leur municipalitĂ©. Chaque citoyen n’est pas forcĂ©ment prĂȘt Ă  s’engager en permanence dans un processus d’élaboration de dĂ©cisions, mais il aspire Ă  ĂȘtre pleinement informĂ© et souhaite disposer de moyens permettant d’ĂȘtre entendu par ses reprĂ©sentants Ă©lus. Il appartient Ă  la communication de rĂ©pondre Ă  cette exigence en rendant accessible toute l’information attendue mais aussi en faisant vivre des dispositifs qui vont permettre Ă  la municipalitĂ© d’ĂȘtre Ă  l’écoute de ses habitants. Les outils ne manquent pas commissions, conseils, comitĂ©s de quartier, rĂ©unions publiques, ateliers citoyens, forums sur internet, enquĂȘtes publiques, rĂ©fĂ©rendum local
 La loi a encadrĂ© certains de ces dispositifs les rendant parfois obligatoires. Quelle articulation entre communication et concertation ? La concertation est un processus qui vise Ă  faire participer des publics Ă  une rĂ©flexion commune pour optimiser la prise de dĂ©cision dans ses objectifs comme dans sa mise en oeuvre. Aujourd’hui, la concertation est un principe incontournable de la gestion locale. Les lois Barnier et Pasqua 1995, Voynet 1999, SRU 2000 et la loi relative Ă  la dĂ©mocratie de proximitĂ© 2002, ont rendu obligatoires des modalitĂ©s de concertation. La communication accompagne ces processus d’échange, de formation, de dialogue et de coproduction. Elle doit Ă  la fois mobiliser les publics concernĂ©s, informer sur le projet et ses enjeux, animer les instances de dialogue et rendre compte, Ă  chaque Ă©tape, des dĂ©cisions prises et de l’avancement du projet. Des chartes de la participation formalisent les engagements des collectivitĂ©s et certains services communication sont directement en charge de la dĂ©mocratie participative. Les instances Ă©lues ont une obligation de rendre compte de leur gestion et de l’usage qu’elles font de l’argent public art. 14 de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen. Aujourd’hui, particuliĂšrement sensibles au niveau des impĂŽts et de la dĂ©pense publique, les citoyens revendiquent fortement cette transparence. La communication financiĂšre ne peut plus se rĂ©sumer Ă  la publication des comptes simplifiĂ©s ou un dossier spĂ©cial budget dans le magazine municipal. Elle doit faire preuve de pĂ©dagogie pour rendre comprĂ©hensible les choix politiques qu’expriment les chiffres. Certains outils numĂ©riques par exemple simulateur, serious game ou participatifs permettent aux habitants de mieux comprendre la notion d’arbitrages budgĂ©taires. L’explication sur le coĂ»t et le financement des projets et des services publics doit ĂȘtre permanente et adaptĂ©e Ă  la diversitĂ© des publics, Ă  la fois usagers et contribuables. Quelles sont les spĂ©cificitĂ©s d’une communication autour d’un grand projet ? La communication de projet est un exercice dĂ©mocratique. La simple information n’est pas suffisante. La rĂ©alisation d’un grand projet est fondĂ©e sur l’écoute et la prise en compte de l’expertise d’usage. La communication doit susciter l’adhĂ©sion et accompagner toutes les Ă©tapes du processus de la prĂ©sentation du projet Ă  la concertation, de la dĂ©cision Ă  la rĂ©alisation, de l’accompagnement du chantier aux premiers usages. Les publics visĂ©s – habitants, riverains, futurs usagers – sont nombreux et leurs attentes diffĂ©rentes. L’usage d’un vocabulaire adaptĂ©, non technique et sans sigles, est indispensable. La communication est un investissement qui fait partie intĂ©grante du projet et permet de le conduire plus facilement, d’éviter les surcoĂ»ts et les mĂ©contentements. La communication peut-elle faire changer les comportements ? PrĂ©vention, santĂ©, sĂ©curitĂ©, civisme, propretĂ©, Ă©co-citoyennetĂ©, mobilitĂ©, collecte sĂ©lective, consommation raisonnĂ©e
 la communication publique peut avoir pour mission de contribuer aux Ă©volutions de la sociĂ©tĂ©. Selon le BaromĂštre de la communication locale cf. question n°10, deux Français sur trois dĂ©clarent que les campagnes de prĂ©vention ont modifiĂ© certains de leurs comportements. Ces campagnes, menĂ©es par les ministĂšres, les grands organismes publics SĂ©curitĂ© routiĂšre, Ademe, Inpes
 ou les collectivitĂ©s locales, visent d’abord Ă  provoquer une rĂ©flexion sur les consĂ©quences collectives des modes de vie individuels. Elles cherchent Ă  accompagner le dĂ©bat public sur une question sociĂ©tale. Les dĂ©marches sont complexes pour Ă©tablir des messages efficaces, adaptĂ©s aux diffĂ©rents publics, sans pour autant induire de comportements normatifs. La communication peut-elle renforcer l’attachement au territoire ? La communication publique est spĂ©cifique par le fait de ne pas s’attacher seulement Ă  une institution mais Ă  un territoire dans son ensemble. Elle a pour mission de crĂ©er un lien d’appartenance entre un territoire et ses habitants, d’en rendre commun le destin. Elle s’appuie pour cela sur l’identitĂ© et la mĂ©moire locales, ce qui en fait une communication territoriale, ancrĂ©e gĂ©ographiquement. Parce qu’elle permet aux gens de changer de regard sur leur propre territoire, elle porte une fiertĂ© et une promesse d’avenir qui renforcent cet attachement. L’évĂ©nementiel local joue un rĂŽle important de mĂȘme que le magazine municipal dĂšs lors qu’il emploie un ton impliquant. Les rĂ©seaux sociaux permettent aujourd’hui de fĂ©dĂ©rer d’autres publics comme les jeunes, les touristes ou les expatriĂ©s ». Faut-il Ă  tout prix crĂ©er une marque de territoire ? Dans un contexte de concurrence accrue des territoires, la marque est apparue comme un outil indispensable. Le succĂšs de certaines marques comme Bretagne, OnlyLyon ou Savoie-Mont-Blanc, laisse penser que chacun devrait se doter de sa propre marque. Or, la marque – un nom, une promesse, un visuel – n’est en rĂ©alitĂ© que la partie visible d’une dĂ©marche de marketing territorial placĂ©e au service de l’attractivitĂ© du territoire. Cette dĂ©marche prĂ©voit plusieurs Ă©tapes prĂ©alables Ă©tablir un diagnostic, dĂ©finir un positionnement, Ă©laborer une stratĂ©gie et un plan d’action. La marque est un outil parmi d’autres dont la pertinence s’évalue au regard des objectifs, de l’environnement et des moyens, notamment financiers, mobilisables. Des actions de communication ou de mobilisation des acteurs du territoire peuvent ĂȘtre tout aussi efficaces. Quels sont les enjeux de la communication interne d’une collectivitĂ© ? La communication destinĂ©e aux agents – 1,8 million dans la FPT – doit rĂ©pondre aux spĂ©cificitĂ©s du secteur local. Elle accompagne le management de personnels aux statuts variĂ©s, souvent dispersĂ©s sur le territoire et exerçant une multitude de mĂ©tiers. Elle doit favoriser la circulation de l’information, dĂ©cloisonner les services, aider chacun Ă  se retrouver dans l’organisation. Elle renforce le sentiment de service public et contribue Ă  partager le projet de la collectivitĂ©. Si elle donne du sens aux missions professionnelles, la communication interne doit aussi accompagner le changement que connaissent les collectivitĂ©s notamment dans le cadre de la rĂ©forme territoriale. Tous les outils sont mobilisĂ©s livret d’accueil, journal et Ă©vĂ©nements internes, intranet et rĂ©seaux sociaux
 L’implication des Ă©lus et de la direction gĂ©nĂ©rale est essentielle. Bien des situations de crise peuvent toucher une commune et mettre son maire sur le devant de la scĂšne. EvĂ©nement non prĂ©vu accident, catastrophe naturelle, mouvement social
, la crise impose de gĂ©rer au mieux le choc mĂ©diatique qu’elle dĂ©clenche et de prĂ©server la crĂ©dibilitĂ© et l’image de l’institution. La communication de crise ne s’improvise pas. Elle se prĂ©pare en pĂ©riode de calme identifier les parties prenantes et les scĂ©narios, dresser les moyens et les compĂ©tences Ă  mobiliser, dĂ©finir les porte-parole qui auront autoritĂ© pour intervenir. Pendant la crise, rapiditĂ©, coordination et vĂ©rification des informations sont primordiales. Une bonne gestion de crise contribue Ă  faire face Ă  une situation Ă©motionnelle faite de pressions externes et de tensions internes qui mettent Ă  rude Ă©preuve les capacitĂ©s relationnelles des intervenants. Peut-on Ă©valuer l’impact de la communication ? Si 5 % de votre budget communication est consacrĂ© Ă  l’évaluation alors les 95 % restants sont mieux allouĂ©s. La communication est un investissement financier qui entre aussi dans une logique de rĂ©sultat. Mais souvent, son Ă©valuation paraĂźt difficile. Pourtant certaines rĂšgles et pratiques existent. Il faut prĂ©voir l’évaluation dĂšs la conception de l’action en dĂ©finissant des objectifs spĂ©cifiques, mesurables et atteignables. Identifier les critĂšres de succĂšs est l’étape primordiale, souvent sous estimĂ©e. Ensuite, bien identifier les cibles et les Ă©chĂ©ances. Enfin, utiliser les mĂ©thodologies d’évaluation Ă©prouvĂ©es chaque canal de communication dispose d’outils de mesure spĂ©cifiques qualitatifs ou quantitatifs. Evaluer avant, pendant et aprĂšs la campagne permet d’adapter ou de conforter l’action de communication et, in fine, de faire des Ă©conomies. Pourquoi Ă©laborer un plan de communication ? Le plan de communication est un document, souvent annuel, vĂ©ritable feuille de route de la communication de la collectivitĂ©. Il comprend un diagnostic de l’existant et une Ă©valuation des actions menĂ©es. Il s’appuie sur le recueil et l’analyse des besoins internes de chaque service et identifie les opportunitĂ©s de communication qui s’offrent sur le territoire. Il dĂ©finit les objectifs donnĂ©s Ă  la communication en Ă©tablissant les prioritĂ©s et le calendrier. Il liste les actions et les outils de communication en dĂ©finissant les cibles, les messages et en fixant les budgets. L’élaboration du plan de communication est un important moment de dialogue entre le responsable de la communication, les services et les Ă©lus. Au-delĂ  de la communication, c’est un processus de planification stratĂ©gique qui aide la collectivitĂ© Ă  dĂ©finir et atteindre ses objectifs. Prises de parole et discours premier acte de communication ? L’élu a une fonction tribunitienne. ReprĂ©senter sa collectivitĂ© demande nĂ©cessairement de parler en son nom. Dire les choses devant un public, c’est incarner sa collectivitĂ©, c’est construire une relation humaine qui est attendue, c’est aussi donner une information qui engage la collectivitĂ©. La parole publique est un acte de communication fort, qui doit ĂȘtre en cohĂ©rence avec les autres actions de communication. La prise de parole, la construction d’un discours, l’intervention devant les mĂ©dias demandent des compĂ©tences qui s’acquiĂšrent langage, gestuelle, intonation, maĂźtrise de la durĂ©e, de la rĂ©partie, gestion du stress et des Ă©motions
 La mĂ©diatisation de la vie publique rend d’autant plus indispensable la maĂźtrise de cet art. Les relations presse sont l’un des leviers de communication qui semble a priori peu onĂ©reux et efficace. Mais elles ne se rĂ©sument pas Ă  la publication de communiquĂ©s. Les rapports avec les mĂ©dias reposent sur des relations de confiance personnelles et durables, Ă©tablies dans le respect de la libertĂ© de la presse et du mĂ©tier des journalistes. Elles demandent aussi une dĂ©marche professionnelle – Fichier nominatif qui n’oublie pas les mĂ©dias numĂ©riques ; – CommuniquĂ©s ou dossiers qui rĂ©pondent aux besoins des journalistes ; – ConfĂ©rences ou visites de presse bien conduites, avant, pendant et aprĂšs ; – Veille et Ă©valuation de tous les instants ; – RĂ©elle accessibilitĂ© et disponibilitĂ© du maire et de l’attachĂ© de presse. À quoi sert l’identitĂ© visuelle de la collectivitĂ© ? L’identitĂ© visuelle, l’ensemble des signes graphiques propre Ă  la collectivitĂ©, permet de renforcer l’identification et la performance de sa communication. Elle se dĂ©ploie sur tous les supports institutionnels papeterie, plaquettes, site internet, la signalĂ©tique des bĂątiments, les vĂȘtements et les vĂ©hicules. Elle s’appuie sur un logo, parfois assorti d’une signature ou slogan, qui traduit l’identitĂ© et les valeurs du territoire et de l’institution. Le logo est complĂ©tĂ© par une charte graphique qui codifie l’usage de l’ensemble des Ă©lĂ©ments graphiques logo, couleur, typo
. Sa conception doit ĂȘtre le fruit d’un travail rigoureux et s’affranchir des effets de modes ou des jugements de goĂ»t. L’identitĂ© doit s’inscrire dans le temps et survivre aux alternances politiques. Elle peut nĂ©anmoins ĂȘtre adaptĂ©e ou modernisĂ©e. Il convient d’en changer lorsque le pĂ©rimĂštre de l’institution Ă©volue fortement. Le journal municipal ou intercommunal est souvent le premier outil de communication de la collectivitĂ©. Il absorbe une part importante du budget consacrĂ© Ă  la communication. Ce doit ĂȘtre un support de qualitĂ©. CĂŽtĂ© contenu, la ligne Ă©ditoriale et le rubriquage doivent ĂȘtre bien dĂ©finis, les titres, les lĂ©gendes et l’iconographie doivent ĂȘtre travaillĂ©s. CotĂ© graphisme, la maquette doit ĂȘtre rigoureuse et les typos, les colonages et les codes couleur scrupuleusement respectĂ©s. Le travail sur la une » est fondamental. Il faut Ă©viter les unes aux titres gĂ©nĂ©riques et aux images symboliques pour privilĂ©gier des photos du territoire, des couleurs chaudes et des titres marquant la proximitĂ© et l’engagement. Ă  noter La diffusion ne doit pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©e. A cĂŽtĂ© de la distribution toutes boĂźtes, d’autres moyens existent comme la diffusion sur les lieux publics ou l’abonnement volontaire et gratuit. Quelles sont les tendances de la presse territoriale ? La presse municipale, qui fut longtemps le journal officiel de la mairie, a Ă©voluĂ© vers une approche city magazine ». A cĂŽtĂ© de l’information sur les services publics, la vocation du magazine est de couvrir toute la vie du territoire qu’elle soit culturelle, Ă©conomique, associative. Une Ă©tude Cap’Com/Seprem a rĂ©vĂ©lĂ© la place importante donnĂ©e aux sujets festifs » culture, loisirs, sport, vie pratique, animations locales. Aujourd’hui, pour faire face Ă  la dĂ©fiance envers le monde politique et raviver le dĂ©bat public, les publications municipales rĂ©introduisent plus fortement des thĂ©matiques sur lesquelles les collectivitĂ©s locales ont la plus forte lĂ©gitimitĂ© politiques publiques et finances locales, grands projets, prospective, rĂŽle et fonctionnement des institutions. Une forme plus institutionnelle qui permet de mieux rendre compte de l’action des Ă©lus. Le numĂ©rique va-t-il remplacer les publications papier ? Les collectivitĂ©s locales n’ont pas fait le choix d’une bascule radicale vers le tout numĂ©rique. Elles continuent au contraire, et Ă  raison, d’investir fortement le print. Elles sont dans une recherche de complĂ©mentaritĂ© de leurs mĂ©dias, notamment entre le site internet et le magazine. D’un cĂŽtĂ©, les supports Ă©crits prennent le temps d’aborder les grandes questions du territoire, d’interroger les acteurs locaux, d’utiliser la photo et l’infographie pour illustrer des dossiers complets. De l’autre, internet et les rĂ©seaux sociaux apportent une information immĂ©diate, factuelle et de proximitĂ©. Ils favorisent Ă©galement le dĂ©bat et l’interactivitĂ©. Le web porte facilement la dimension services-individus et le print la dimension collectif-territoire. Ces Ă©volutions imposent une rĂ©organisation de la communication et font naĂźtre de nouvelles compĂ©tences dans les Ă©quipes. Quels contenus pour le site internet de la collectivitĂ© ? Les habitants utilisent d’abord le site internet pour effectuer leurs dĂ©marches en ligne – ce qu’on appelle l’e-administration – ou consulter des informations pratiques sur la collectivitĂ©. Ils peuvent y trouver l’actualitĂ© du territoire, en complĂ©ment d’autres supports. L’ergonomie est importante trop souvent reflet de l’organisation administrative, le site doit ĂȘtre tournĂ© vers l’utilisateur et respecter les normes d’accessibilitĂ©. Les sites intĂšgrent l’interactivitĂ© avec les citoyens commentaires, chats, flux RSS, partage et utilisent des applications externes qui permettent d’enrichir les contenus vidĂ©os, photos, agrĂ©gateurs de flux
 Aujourd’hui le modĂšle du portail institutionnel est remis en cause au profit d’outils plus spĂ©cialisĂ©s et articulĂ©s entre eux. Le site internet devient un Ă©lĂ©ment parmi d’autres d’un Ă©cosystĂšme numĂ©rique complexe que sont venus enrichir les rĂ©seaux sociaux. Les rĂ©seaux sociaux ont bouleversĂ© la communication traditionnelle en passant d’un modĂšle descendant Ă  un modĂšle conversationnel. Ils appellent un ton diffĂ©rent, moins institutionnel, et une rĂ©activitĂ© immĂ©diate. Contrairement Ă  ce qu’on pense, ils ne touchent pas que les jeunes Facebook compte 28 millions d’utilisateurs actifs et Twitter plus de 7. Il existe de nombreux rĂ©seaux thĂ©matiques, puissants supports de communication, comme Youtube pour la vidĂ©o ou Instagram pour la photo. Le paysage et les usages Ă©voluent trĂšs vite. Les rĂ©seaux sociaux sont aussi des outils de veille et d’écoute des habitants. Ă  noter L’enjeu pour les collectivitĂ©s est d’ĂȘtre prĂ©sentes sur les rĂ©seaux sociaux en acceptant l’esprit engagement, spontanĂ©itĂ© et dĂ©centralisation de la parole. Cela suppose de repenser l’organisation et les pratiques, et d’intĂ©grer de nouvelles compĂ©tences comme le community management. Quelle est la place des Ă©vĂ©nements en communication ? L’évĂ©nement a pris une grande place dans la communication des collectivitĂ©s. Il est porteur d’une image positive pour le territoire et constitue parfois un vĂ©ritable marqueur d’identitĂ©. Il est aussi un outil d’animation de la vie locale et renforce l’attachement des habitants. L’évĂ©nement favorise ainsi le lien social et le contact direct entre les Ă©lus, les agents et les citoyens. Si on pense d’abord aux fĂȘtes locales et Ă©vĂ©nements culturels ou sportifs, les thĂ©matiques peuvent ĂȘtre diverses comme l’éducation aux mĂ©dias, l’Europe, le tri des dĂ©chets, la mobilitĂ©, l’économie
 La collectivitĂ© peut soit organiser elle-mĂȘme un Ă©vĂ©nement soit s’associer Ă  un Ă©vĂ©nement externe, associatif par exemple, Ă  travers un partenariat. Tous doivent ĂȘtre inscrits dans la stratĂ©gie globale de communication de la collectivitĂ©. Pourquoi soigner la fonction d’accueil ? L’accueil tisse une relation forte entre l’institution et son public et participe Ă  la construction de l’image du service public. La qualitĂ© de l’accueil – physique, tĂ©lĂ©phonique ou numĂ©rique – dĂ©pend de la disponibilitĂ©, de la compĂ©tence et de la courtoisie de l’agent, de la qualitĂ© et de la rapiditĂ© de la rĂ©ponse, de l’amĂ©nagement et de la signalĂ©tique des lieux ou de l’ergonomie du site. Autant de champs qui concernent la communication. Selon une Ă©tude de l’Afnor, les villes obtiennent de bons rĂ©sultats en matiĂšre d’accueil avec une rĂ©elle qualitĂ© du contact, de l’information et de l’orientation. La relation courrier semble un peu moins satisfaisante du fait des difficultĂ©s Ă  identifier l’interlocuteur et des dĂ©lais de rĂ©ponse. Cependant, les courriers personnalisĂ©s sont gĂ©nĂ©ralement comprĂ©hensibles, lisibles et clairs. Les offres d'emploi Agent du Patrimoine F/H CommunautĂ© d'agglomĂ©ration de Saint-Quentin-en-Yvelines PubliĂ©e Le 21 juin Voir l'annonce ChargĂ© de suivi et de contrĂŽle des ESSMS - H/F Conseil DĂ©partemental - Val-d’Oise PubliĂ©e Le 12 aoĂ»t Voir l'annonce Agent instructeur pĂŽle enfants H/F Conseil DĂ©partemental - Val-d’Oise PubliĂ©e Le 04 aoĂ»t Voir l'annonce ChargĂ© de Gestion et Assistante administrative F/H CommunautĂ© d'agglomĂ©ration de Saint-Quentin-en-Yvelines PubliĂ©e Le 21 juin Voir l'annonce Texte intĂ©gral 1 L. no 2004-800 "relative Ă  la bioĂ©thique" ; V. Dictionnaire Permanent BioĂ©thique et biotechnologie ... 2 L. no 94-654. 3 Il n’est pas sans intĂ©rĂȘt de relever que ce chapitre prend place dans le livre IV "administration ... 4 Par ex., en 1982 dans le Petit Robert de la langue française. 1Le terme "bioĂ©thique" n’a Ă©tĂ© consacrĂ© par le lĂ©gislateur qu’avec la loi du 6 aoĂ»t 20041 portant rĂ©vision de celle du 29 juillet 1994 relative "au don et Ă  l’utilisation des Ă©lĂ©ments et produits du corps humain, Ă  l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation et au diagnostic prĂ©natal"2. Outre son intitulĂ© qui contient pour la premiĂšre fois une rĂ©fĂ©rence expresse Ă  la bioĂ©thique, elle crĂ©e dans le code de la santĂ© publique un chapitre consacrĂ© Ă  "l’éthique"3. Pour autant, ce nĂ©ologisme Ă©tait dĂ©jĂ  couramment employĂ© et son usage gĂ©nĂ©ralisĂ© avait justifiĂ© son introduction, dans les annĂ©es 1980, dans les principaux dictionnaires de la langue française4. Mais que signifie-t-il ? 5 Petit Robert de la langue française, V° BioĂ©thique ; le dictionnaire de vocabulaire juridique du J ... 6 Ainsi l’art. 40 de la loi du 6 aoĂ»t 2004 prĂ©voit que "la prĂ©sente loi fera l’objet d’un nouvel exa ... 2Ni la loi ni le code de la santĂ© publique ne proposent de dĂ©finition. Si la bioĂ©thique est parfois prĂ©sentĂ©e comme une "Ă©thique mĂ©dicale" ou une "rĂ©flexion sur la morale suscitĂ©e par la recherche mĂ©dicale"5, elle prend la forme d’une rĂšgle lĂ©gale, qualifiĂ©e d’éthique, destinĂ©e Ă  protĂ©ger l’ĂȘtre humain saisi par les progrĂšs de la biologie. A la diffĂ©rence de la morale, l’éthique n’a pas une valeur absolue car elle est constamment appelĂ©e Ă  changer, Ă  Ă©voluer au grĂ© des progrĂšs des biotechnologies et de la science ; au grĂ© Ă©galement de la sensibilitĂ© de nos concitoyens car il ne faut pas perdre de vue que cette Ă©volution technique ne se contente plus de lutter contre la nature mais a pour but de la dĂ©passer et dĂšs lors la transgresse profondĂ©ment Ă  ce titre elle fait l’objet de rĂ©sistance et de refus. Ce caractĂšre Ă©volutif est particuliĂšrement net dans les lois de bioĂ©thiques de 1994 et 2004 qui, contrairement au caractĂšre pĂ©renne de cette catĂ©gorie de textes, ont organisĂ© leur rĂ©vision Ă  bref dĂ©lai6. La bioĂ©thique diffĂšre Ă©galement de la morale par sa dimension fortement utilitariste. La bioĂ©thique n’a pas introduit dans notre droit plus de morale afin de protĂ©ger l’humain contre son exploitation scientifique. Au contraire elle n’a Ă©tĂ© votĂ©e que pour permettre cette exploitation jugĂ©e nĂ©cessaire aux progrĂšs scientifiques. 7 J. Carbonnier, Droit civil, "Introduction", les Personnes, PUF, coll. ThĂ©mis, 1984, p. 243. 3En effet avant les lois de bioĂ©thique, le corps humain n’était pas plongĂ© dans une "vide juridique", source de tous les dangers contrairement Ă  ce qui Ă©tait souvent affirmĂ©. Il bĂ©nĂ©ficiait au contraire de principes trĂšs protecteurs qui interdisaient d’y porter atteinte. En particulier, en l’absence de dĂ©finition du corps humain, les juristes civilistes avaient imposĂ© son indisponibilitĂ© en le liant Ă  la personne. Ainsi, le Doyen Carbonnier affirmait en 1984 "comme la volontĂ© ne nous paraĂźt jamais que liĂ©e Ă  un corps, il ne nous paraĂźt pas dĂ©raisonnable de poser en principe que le corps humain fait la personne"7. Le masque de la tragĂ©die antique "persona" Ă  l’origine de la notion juridique de personne, du sujet de droit, Ă©tait ainsi arrimĂ© de maniĂšre indissociable au corps, plaçant ce dernier sous la protection de l’article 1128 du code civil qui interdisait d’en faire l’objet de conventions. Le corps humain, comme la personne, devait toujours ĂȘtre traitĂ© en sujet, jamais en objet. Le recours Ă  la bioĂ©thique a permis de contourner le droit et de faire admettre comme morales des dispositions destinĂ©es Ă  permettre l’exploitation scientifique de l’humain. L’intitulĂ© mĂȘme de la loi du 29 juillet 1994 est particuliĂšrement rĂ©vĂ©lateur de l’abandon de la rĂšgle prĂ©torienne de l’indisponibilitĂ© du corps, abandon que consacre l’article 16-1 du code civil qui en est issu et qui ne vise plus Ă  son propos cette qualitĂ© antĂ©rieurement fondamentale. 4Mais, en contre-partie, objecteront certains, le lĂ©gislateur a posĂ© des rĂšgles protectrices nouvelles, plus rigoureuses que les principes antĂ©rieurs, vagues car non Ă©crits. Effectivement les lois de bioĂ©thique sont prĂ©sentĂ©es comme ayant moralisĂ©, encadrĂ© et limitĂ© les atteintes Ă  l’ĂȘtre humain qu’autorisent des progrĂšs scientifiques de plus en plus performants. Cette prĂ©sentation doit ĂȘtre confrontĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© des textes. A partir de l’exemple des procrĂ©ations mĂ©dicalement assistĂ©es, cette confrontation rĂ©vĂšle que la bioĂ©thique ne poursuit que deux objectifs procurer les matĂ©riaux humains indispensables aux travaux scientifiques I et mettre l’humain au service de la science II, avec en toile de fond une prĂ©occupation constante d’efficacitĂ©. L’exemple de l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation est retenu car cette technique biomĂ©dicale est trĂšs mĂ©diatisĂ©e et particuliĂšrement emblĂ©matique de la transgression de la nature. Mais ce qui est dĂ©crit et analysĂ© au fil de ces lignes peut ĂȘtre transposĂ© au don et utilisation des Ă©lĂ©ments et produits du corps humain. I – SE PROCURER LES GAMETES HUMAINS 8 G. David, "Don et utilisation du sperme", Actes du colloque GĂ©nĂ©tique, procrĂ©ation et droit, Actes ... 5Tous les progrĂšs accomplis dans le domaine des biotechnologies prennent appui sur le fait que les Ă©lĂ©ments les plus inaccessibles du corps ont Ă©tĂ© mis Ă  la disposition des chercheurs. Les plus difficiles Ă  obtenir Ă©taient a priori les gamĂštes humains Ă  forte valeur symbolique. La tactique a consistĂ© Ă  miser sur la souffrance que provoque la stĂ©rilitĂ© et Ă  l’exacerber tout en masquant ce que la dĂ©marche pouvait avoir de contraire Ă  la nature pour ne pas heurter les consciences. Les rĂšgles adoptĂ©es ont Ă©tĂ© largement inspirĂ©es par les Centres de conservation des Ɠufs et du sperme humains dĂ©signĂ©s sous le sigle CECOS, qui, dans les annĂ©es 70, ont imposĂ© le principe que l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation mettait en prĂ©sence un couple donneur et un couple receveur8. Le premier, qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© parent, aide de maniĂšre altruiste le second dans son projet parental. Cette prĂ©sentation trĂšs gĂ©nĂ©reuse et tout Ă  fait "Ă©thique" a permis non sans un certain cynisme d’assurer la collecte des gamĂštes A et le stockage des embryons surnumĂ©raires B. A – La collecte 9 G. David, art. prĂ©cit. p. 213. 6Pour favoriser la collecte des gamĂštes il fallait donner Ă  ce recueil une dimension altruiste, sympathique, afin de faire oublier les procĂ©dĂ©s utilisĂ©s, Ă  savoir la masturbation et les interventions mĂ©dicales lourdes indispensables Ă  la production des d’ovocytes. En outre les promoteurs du don de sperme ont considĂ©rĂ© qu’il Ă©tait indispensable que le donneur ait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© pĂšre pour Ă©viter que le don ne soit suscitĂ© par le soucis de vĂ©rifier sa propre stĂ©rilitĂ© d’une part ; pour Ă©viter d’autre part qu’en mal de descendance, il ne soit tentĂ© de rechercher aprĂšs coup les enfants nĂ©s de ses dons. Ainsi s’est imposĂ© la notion de couple donneur –notion utilitariste– qui a Ă©tĂ© reçue comme une rĂ©fĂ©rence morale. Ainsi le professeur David observait que "la prĂ©sentation psychologique qui a souvent Ă©tĂ© la seule retenue par le public, celle d’un don de couple gĂ©nĂ©reux et comprĂ©hensif Ă  l’égard d’un couple stĂ©rile, n’a pas eu un rĂŽle nĂ©gligeable dans l’évolution sociale Ă  l’égard de l’image du donneur et de l’insĂ©mination artificielle"9. 7Mais une fois admis le principe du don de gamĂštes, cette rĂ©fĂ©rence initiale est devenue inutile. La loi de 2004, rĂ©pondant Ă  une autre prĂ©occupation - celle d’augmenter le nombre des donneurs - a renoncĂ© au "couple de donneurs" pour ne retenir que le donneur. La rĂšgle est consacrĂ©e depuis 2004 par l’article L. 1244-2 du code de la santĂ© publique qui prĂ©cise que "le donneur doit avoir procréé. Son consentement et, s’il vit en couple, celui de l’autre membre du couple sont recueillis par Ă©crit". Pour ĂȘtre donneur il suffit d’avoir fait la preuve dans le passĂ© de sa fĂ©conditĂ©, ce qui ne reprĂ©sente pas un critĂšre trop restrictif. Le statut juridique importe peu veuf, divorcĂ©, vivant en couple adultĂ©rin ou cĂ©libataire. La rĂ©fĂ©rence au couple permet d’ignorer le statut familial du donneur. Quant Ă  l’autre membre du couple, la seule raison de sa prĂ©sence est qu’il partage actuellement la vie du donneur mais ce n’est pas forcĂ©ment avec lui que ce dernier a procréé. Il n’a aucune utilitĂ© et ne joue aucun rĂŽle dans l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation, ce que la loi confirme implicitement. En application de l’article 511-6 du code pĂ©nal, le fait de recueillir ou prĂ©lever des gamĂštes sur une personne vivante sans le consentement Ă©crit du donneur est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amende. L’exigence du consentement Ă©crit de l’autre membre du couple n’est assortie d’aucune sanction parce que ce consentement n’a aucun intĂ©rĂȘt. 10 R. Frydman, "Le don d’ovule", GĂ©nĂ©tique, procrĂ©ation et droit, actes prĂ©cit., p. 225. 11 complĂ©tĂ© par C. Pen. Art. 511-13. 8La rĂ©fĂ©rence au couple donneur permet Ă©galement de gommer toute diffĂ©rence entre le sperme et les ovocytes ainsi que toute diffĂ©rence sur leurs conditions d’obtention. Or le don d’ovocytes implique des actes mĂ©dicaux lourds excessifs pour un simple acte de gĂ©nĂ©rositĂ© une intervention chirurgicale prĂ©cĂ©dĂ©e d’une stimulation ovarienne pratiquĂ©es sur un sujet sain qui n’en a pas personnellement besoin. On le conçoit mal en faveur d’inconnus. C’est pourquoi, avant les lois sur la bioĂ©thique, le don d’ovocyte Ă©tait rarement anonyme. Le plus souvent la patiente arrivait avec "sa donneuse", une sƓur ou une amie10. Le don d’ovocyte avait en effet Ă©tĂ© subordonnĂ© par les Ă©quipes mĂ©dicales Ă  un contre-don la sƓur ou l’amie donnait un ovule Ă  un couple inconnu tandis que la femme concernĂ©e bĂ©nĂ©ficiait elle-mĂȘme d’un don anonyme. L’article du code de la santĂ© publique, issu de la loi de 1994, a condamnĂ© cette maniĂšre de faire "le bĂ©nĂ©fice d’un don de gamĂštes ne peut en aucune maniĂšre ĂȘtre subordonnĂ©e Ă  la dĂ©signation par le couple receveur d’une personne ayant volontairement acceptĂ© de procĂ©der Ă  un tel don en faveur d’un couple tiers anonyme". 12 Code de la SantĂ© publique, Juris code annotĂ©, sous la direction de F. Dreifuss-Netter, Ă©d. 2005, a ... 9Il semblerait toutefois que la pratique subsiste et donne lieu Ă  une interprĂ©tation que le lĂ©gislateur de 2004 n’a pas franchement condamnĂ©e. "Il reste que la loi n’interdit formellement que le fait de subordonner le don de gamĂštes Ă  la prĂ©sentation d’une donneuse mais pas le fait de prendre en charge dans des dĂ©lais plus courts les couples qui en seraient accompagnĂ©s"12. Une prise en charge de la stĂ©rilitĂ© fĂ©minine plus rapide est un argument puissant qui incite fortement les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  trouver une donneuse car toutes savent que l’horloge biologique tourne Ă  leur dĂ©triment. Face aux "pressions" amicales exercĂ©es dans leur entourage par les femmes stĂ©riles qu’il ne condamne pas afin d’aider les Ă©quipes mĂ©dicales dans la collecte des rares ovocytes, le lĂ©gislateur de 2004 a jugĂ© utile de complĂ©ter l’article 1244-7 en prĂ©cisant "la donneuse d’ovocytes doit ĂȘtre particuliĂšrement informĂ©e des conditions de la stimulation ovarienne, des risques et des contraintes liĂ©s Ă  cette technique, lors des entretiens avec l’équipe mĂ©dicale pluridisciplinaire...". Toutefois, lorsque la donneuse rencontre l’équipe mĂ©dicale, elle est dĂ©jĂ  engagĂ©e dans la dĂ©marche du don et cette information particuliĂšre qui est cependant tout Ă  fait normale arrive un peu tard. 13 qui Ă©tablit un dossier comportant des informations trĂšs complĂštes sur le donneur CSP, art. R. 124 ... 14 CSP, art. R. 1244-8 in fine "les informations touchant Ă  l’identitĂ© des donneurs, Ă  l’identifica ... 10Quoi qu’il en soit le donneur ou la donneuse de gamĂštes parfaitement connus de l’équipe mĂ©dicale13 et Ă©ventuellement l’inconsistant autre membre du couple qui partage leur vie sont appelĂ©s Ă  disparaĂźtre dans un anonymat organisĂ© aprĂšs coup et Ă©nergiquement imposĂ© dans le dĂ©tail14 qui les transforme en distributeurs transparents de matĂ©riel gĂ©nĂ©tique. B – Le stockage 11La demande du couple parental reprĂ©sente le moteur de l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation, l’article L. 2141-2 l’érigeant en condition sine qua non de la conception des embryons in vitro. On pourrait croire qu’en valorisant le projet parental, le lĂ©gislateur ne fait que rendre Ă  CĂ©sar ce qui lui appartient. En effet sans projet parental, les scientifiques n’auraient jamais obtenu les Ă©lĂ©ments essentiels qui ont permis leurs spectaculaires avancĂ©es le sperme, les ovules et les embryons in vitro. A premiĂšre vue cette exigence emporte l’adhĂ©sion elle humanise l’embryon. Elle donne un sens Ă  la production du vivant humain. Cependant, le dĂ©sir d’ĂȘtre parents s’appuie sur la science et tout ce qu’elle autorise de contraire Ă  la reproduction humaine l’absence de relations sexuelles, le contrĂŽle de la qualitĂ© des embryons obtenus, leur conservation en dehors du temps. DĂšs lors l’artifice est toujours sous-jacent dans ce projet parental puisqu’il inclut nĂ©cessairement la nĂ©cessitĂ© de contourner la nature. La plus importante de ces entorses -dans la mesure oĂč elle en favorise d’autres- au modĂšle prĂ©tendument naturel que propose la bioĂ©thique est celle du stockage de l’humain. 15 arr. 12 janv. 1999 relatif aux rĂšgles de bonnes pratiques cliniques et biologiques en assistance m ... 16 DĂ©cr. no 88-327 du 8 avr. 1988 JO, 9 avr. 1988, p. 4707. 17 TGI Rennes, 30 juin 1993, JCP, 1994, II, 22250, note C. Neirinck ; TGI Toulouse, 11 mai 1993 et C. ... 18 CSP art. L. 2141-2 vise expressĂ©ment le dĂ©cĂšs comme obstacle au transfert des embryons mais la que ... 19 par ex ComitĂ© Consultatif National d’Éthique, avis no 40 du 17 dĂ©c. 1993, MĂ©decine et Droit, no 4, ... 12Il ne suffit pas d’obtenir les gamĂštes, il faut les conserver. Si le sperme congelĂ© se conserve assez bien, les ovocytes en revanche ne supportent pas la dĂ©congĂ©lation. Dans une perspective utilitariste le plus simple est donc de fĂ©conder tous les ovocytes recueillis et d’en implanter quelques-uns dans l’utĂ©rus maternel au risque de naissances plus que gĂ©mellaires15. Mais si tous ne peuvent ĂȘtre rĂ©implantĂ©s, que faire des "surnumĂ©raires" ? Bien avant les lois de bioĂ©thique un dĂ©cret du 8 avril 198816 signĂ© de madame Barzach, alors ministre de la santĂ©, a organisĂ© l’habilitation de certains centres pour procĂ©der entre autres Ă  "...la fĂ©condation in vitro et la conservation des Ɠufs humains fĂ©condĂ©s en vue d’implantation". Ainsi Ă  travers le terme neutre de "conservation" Ă©tait autorisĂ© sans aucun dĂ©bat parlementaire la congĂ©lation des embryons. Il va sans dire que cette autorisation –qui n’est assortie d’aucune limite quant au nombre qu’il est possible d’en congeler en une seule fois– n’a jamais Ă©tĂ© remise en cause bien que cette technique soit Ă  l’origine de presque toutes les difficultĂ©s, en particulier celle du transfert post-mortem, refusĂ© par la jurisprudence17 et finalement par le lĂ©gislateur18 mais activement demandĂ© par ceux qui voient dans l’embryon un "enfant Ă  naĂźtre"19. 20 TA Amiens, 9 mars 2004 D., 2004, jp, p. 1051, note X. LabbĂ©e. 13Les embryons congelĂ©s demeurent Ă  la disposition du projet parental. C’est mĂȘme lui qui sert de justification Ă  leur congĂ©lation car il est plus simple et en thĂ©orie moins coĂ»teux, en tout cas sur le plan humain et physiologique, qu’une nouvelle fĂ©condation in vitro. Il convient toutefois d’observer que si, Ă  la suite d’une erreur ayant entraĂźnĂ©e le rĂ©chauffement de la bonbonne d’azote qui les conservait, les embryons sont dĂ©truits, le couple ne subit paradoxalement aucune perte de chance de devenir parents20. 21 CSP art. L. 2141-5 ; pour les modalitĂ©s pratiques DĂ©cr. 99-925, 2 nov. 1999, JO, 6 nov. 1999, p. 1 ... 22 AJ Famille, nov. 2004, no 11/2004, p. 379. 23 cf. infra, II-B. 14En rĂ©alitĂ© le recours au projet parental est destinĂ© Ă  favoriser une prĂ©sentation rassurante de la congĂ©lation. Il comporte cependant une limite l’abandon de ce projet, peu en importe la raison, dĂ©cĂšs, divorce, sĂ©paration ou lassitude face Ă  l’intrusion massive du mĂ©dical dans la vie des intĂ©ressĂ©s. Le lĂ©gislateur ne l’a pas ignorĂ© et l’a rĂ©glĂ© de maniĂšre gestionnaire. En application de l’article L. 2141-3 du code de la santĂ© publique un embryon "ne peut ĂȘtre conçu avec des gamĂštes ne provenant pas d’un au moins des deux membres du couple". Cette disposition ne peut s’expliquer par des considĂ©rations morales. Parce que les couples bĂ©nĂ©ficiaires doublement stĂ©riles ne peuvent pas bĂ©nĂ©ficier de la fĂ©condation in vitro Ă  partir d’un double don de sperme et d’ovocyte, ils ne peuvent prĂ©tendre qu’à l’accueil d’un embryon prĂ©levĂ© dans le stock des "surnumĂ©raires" sans projet parental21. NĂ©anmoins, cela ne suffit pas. Un recensement exhaustif du nombre d’embryons fĂ©condĂ©s in vitro et conservĂ©s a Ă©tĂ© officiellement effectuĂ© au lendemain de la loi de 2004 et a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il y avait actuellement embryons congelĂ©s dont depuis plus de cinq ans. Seulement 55 % d’entre eux ferait encore l’objet d’un projet parental22. Il est Ă©vident que leur existence attise la convoitise des chercheurs la loi de 2004 a fini par leur cĂ©der23. Car la gestion des stocks nous conduit vers la finalitĂ© intrinsĂšque de la bioĂ©thique mettre l’humain au service de la science II – METTRE L’HUMAIN AU SERVICE DE LA SCIENCE 15En apparence la bioĂ©thique est au service de ceux qui souffrent d’une pathologie. Mais derriĂšre cet apport qui n’est pas contestable se cache une formidable main mise du pouvoir scientifique sur l’homme. Celui-ci n’est plus le sujet, le destinataire direct des prestations ainsi rĂ©alisĂ©es. RemplacĂ© peu Ă  peu par une abstraction –l’Humanité– bĂ©nĂ©ficiaire des progrĂšs mĂ©dicaux ainsi rĂ©alisĂ©s, il est soumis Ă  la science pour la servir. Cela est vrai pour le couple bĂ©nĂ©ficiaire de l’AMP A mais plus encore pour l’embryon B. A – la soumission du couple parental Ă  la science 24 CSP, art. L. 2141-2. 16L’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation s’adresse Ă  "l’homme et Ă  la femme formant le couple, vivants, en Ăąge de procrĂ©er, mariĂ© ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans"24. Sous une apparence juridique, cette dĂ©finition Ă©carte les considĂ©rations de droit pour ne privilĂ©gier que les critĂšres mĂ©dicaux et livrer le plus grand nombre possible de couples Ă  l’ΑΜΡ. 25 J. Flauss-Diem, "Filiation et accĂšs Ă  l’aide mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation point de vue des droits f ... 17Le couple parental doit ĂȘtre formĂ© d’un homme et d’une femme, condition incontournable de l’engendrement mais qui ne s’impose pas lorsqu’il s’agit d’une reproduction sans sexualitĂ©. Aussi de nombreuses lĂ©gislations en Europe ont organisĂ© la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e comme un droit de la femme, position classique de nos sociĂ©tĂ©s contemporaines dĂšs lors qu’il s’agit de la fĂ©conditĂ©. Par exemple la loi anglaise Human Fertilisation and Embryology act de 1990 a rĂ©servĂ© Ă  la femme -et non au couple- l’aide de la science. La procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e y est prĂ©sentĂ©e comme un service de traitement "en vue d’aider les femmes Ă  porter des enfants". La demande d’intervention ne peut Ă©maner que d’une femme nĂ©cessairement ĂągĂ©e de moins de 55 ans, peu importe son statut juridique et sa sexualitĂ©25. Il en est de mĂȘme en Belgique ou en Espagne, pays oĂč une femme seule peut obtenir facilement une insĂ©mination artificielle avec donneur anonyme. Le recours Ă  une mĂšre porteuse est licite Ă  l’étranger, aux États Unis ou en Angleterre. 26 C. civ. art. 346 "nul ne peut ĂȘtre adoptĂ© par plusieurs personnes si ce n’est par deux Ă©poux" 27 TGI Bordeaux, 27 juill. 2004, D., 2004, jp. p. 2392, note E. Agostini ; Droit de la famille, comm. ... 28 Il suffit d’une apparence de couple hĂ©tĂ©rosexuel un couple formĂ© d’une femme et d’un transsexuel ... 29 Pour une analyse critique, F. Dekeuwer-Defossez, "Couple et cohabitation", La notion juridique de ... 30 l’ñge pris en compte n’est pas celui des deux membres du couple mais l’ñge de la femme garant du s ... 31 C. Neirinck, "Le couple et l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation", Les Petites Affiches, 13 aoĂ»t ... 18DĂšs lors que le droit français rĂ©serve la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e Ă  un couple composĂ© d’un homme et d’une femme, donnant Ă  cette rĂ©fĂ©rence une dimension d’apparence biologique et juridique, il aurait dĂ» exiger un couple mariĂ©, Ă  l’instar de ce qui est posĂ© pour l’adoption26. En effet, dĂšs le mariage les Ă©poux forment une famille destinĂ©e Ă  accueillir des enfants. Le mariage demeure la seule institution qui ouvre directement sur la filiation grĂące Ă  la prĂ©somption de paternitĂ©. C’est d’ailleurs cette analyse qui a permis le refus jurisprudentiel du mariage homosexuel27. Mais il a paru souhaitable aux praticiens d’étendre l’AΜΡ au plus grand nombre de couples possible sans sacrifier Ă  la nĂ©cessitĂ© initiale d’une procrĂ©ation d’apparence naturelle qui rendait leurs interventions acceptables pour le plus grand nombre. Ainsi le couple de concubins hĂ©tĂ©rosexuels28 "en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans" a Ă©tĂ© admis au bĂ©nĂ©fice de l’ΑΜΡ. Pour satisfaire Ă  cette exigence qui n’est guĂšre contraignante, les couples concernĂ©s se contentent de remettre Ă  l’équipe mĂ©dicale une attestation sur l’honneur ou un certificat de concubinage rĂ©digĂ© sur les seules dĂ©clarations des intĂ©ressĂ©s, ce qui n’a aucune valeur juridique. Cette exigence correspond moins Ă  la volontĂ© de contrĂŽler la stabilitĂ© du couple –peut-on admettre qu’un couple est stable aprĂšs deux annĂ©es de cohabitation ?29– que sa stĂ©rilitĂ©. Il faut deux ans de relations sexuelles non fĂ©condantes pour envisager une stĂ©rilitĂ© pathologique. Les autres conditions de l’ΑΜΡ sont Ă©galement d’ordre mĂ©dical que faut-il entendre par Ăąge de procrĂ©er ?30, par infertilitĂ© Ă  caractĂšre pathologique ? par transmission Ă  l’enfant d’une maladie d’une particuliĂšre gravitĂ© ? Tous ces critĂšres relĂšvent de la seule apprĂ©ciation du pouvoir mĂ©dical qui l’exerce en considĂ©ration de la seule efficacitĂ© de l’intervention31. 19L’élargissement de la procrĂ©ation Ă  tous les couples hĂ©tĂ©rosexuels souffrant d’infertilitĂ© prĂ©sente une autre vertu. Le couple occulte les corps puisqu’ils sont associĂ©s et disparaissent dans une notion unique. Or ce couple est gĂ©nĂ©ralement composĂ© d’un sujet fĂ©cond et d’un sujet qui ne l’est pas. Dans la fĂ©condation in vitro il s’agit toujours d’utiliser les forces reproductrices de celui qui est fĂ©cond au profit de celui qui est stĂ©rile. Le corps fĂ©minin est ainsi particuliĂšrement instrumentalisĂ©, ce qui a Ă©tĂ© soulignĂ© Ă  propos du don d’ovocytes. Il n’y a d’autre limite lĂ©gale Ă  cette utilisation d’un corps au profit d’un autre que l’interdiction de la maternitĂ© pour autrui qui rĂ©vĂšle dans toute son inhumanitĂ© cette mise Ă  disposition d’un corps de femme au service de la stĂ©rilitĂ© d’autrui. Mais il n’est pas interdit de soumettre une femme jeune et normalement fĂ©conde Ă  des traitements-tels que la stimulation hormonale-qui sont loin d’ĂȘtre inoffensifs parce que son compagnon souffre d’azoospermie. Et comme le modĂšle animal n’est pas recevable en la matiĂšre, l’expĂ©rimentation saute cette Ă©tape et s’applique directement Ă  la femme qui est "le couple bĂ©nĂ©ficiaire". On est bien loin du principe de l’indisponibilitĂ© du corps humain ! B – La soumission Ă  la science de l’embryon procréé artificiellement 32 CSP, art. L. 2141-2 et 2141-8. 20Lors du vote de la loi du 29 juillet 1994, le lĂ©gislateur a refusĂ© de donner un statut particulier aux embryons in vitro, imposant ainsi une qualification unique indĂ©pendante du mode de conception. Cette attitude Ă©tait logique car tous les embryons procĂšdent de notre humanitĂ©, qu’ils soient in utero ou in vitro. Mais pour justifier l’organisation de la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e, deux principes forts avaient Ă©tĂ© posĂ©s dans la loi, prĂ©sentĂ©s comme un socle moral et juridique incontournable les embryons ne pouvaient ĂȘtre conçus in vitro qu’au service d’un projet parental32 et les recherches sur l’embryon Ă©taient interdites. Ces deux rĂšgles permettaient d’affirmer que les embryons humains n’étaient artificiellement conçus qu’en vue de leur propre dĂ©veloppement. Mais peu Ă  peu la tentation de mettre au service de l’humanitĂ© les qualitĂ©s thĂ©rapeutiques exceptionnelles de leurs cellules l’emporte sur ces principes. La loi de 2004 a ouvert la brĂšche l’embryon peut ĂȘtre conçu au profit d’autrui et utilisĂ© par la recherche. 33 CSP, L. 2131-4. 34 Y. Thomas, DU droit de ne pas naĂźtre, op. cit., p. 116. 21La loi de bioĂ©thique de 1994 avait autorisĂ© le diagnostique prĂ©implantatoire ou DPI. Ce diagnostic, Ă  la diffĂ©rence du diagnostic prĂ©natal qui est effectuĂ© sur l’embryon in utero et qui implique l’interruption de grossesse en cas de dĂ©couverte d’une anomalie, impose de concevoir in vitro un embryon sur lequel sont prĂ©levĂ©es une ou deux cellules soumises Ă  un diagnostic gĂ©nĂ©tique Ă  partir duquel est dĂ©cidĂ© ou Ă©cartĂ© son transfert dans l’utĂ©rus maternel. Initialement le DPI a Ă©tĂ© trĂšs encadrĂ©, son usage limitĂ© au cas oĂč le couple parental prĂ©sente une forte probabilitĂ© de donner naissance Ă  un enfant atteint d’une maladie gĂ©nĂ©tique d’une particuliĂšre gravitĂ© reconnue comme incurable au moment du diagnostic et lorsque a Ă©tĂ© "prĂ©alablement et prĂ©cisĂ©ment identifiĂ©, chez l’un des parents, l’anomalie ou les anomalies responsables d’une telle maladie". Le diagnostic ne pouvait en outre avoir d’autre objet que de rechercher cette affection ainsi que les moyens de la prĂ©venir ou de la rechercher33. Incontestablement le DPI tendait Ă  assurer la naissance d’enfants indemnes des maladies gĂ©nĂ©tiques dont sont porteurs leurs parents et participait comme le diagnostic prĂ©natal et l’interruption mĂ©dicale de grossesse Ă  la gestion mĂ©dicale de la qualitĂ© biologique de la vie. Ainsi que l’écrit Y. Thomas, "la politique de la qualitĂ© de la vie humaine est une rĂ©alitĂ© banale et depuis longtemps acceptĂ©e par nos sociĂ©tĂ©s"34. Ceci Ă©tant, tel qu’il Ă©tait rĂ©glementĂ©, le DPI Ă©tait tournĂ© vers l’embryon. La loi de 2004 a Ă©largi son application. 35 CSP, art. L. 2131-4. 22D’une part, le DPI peut ĂȘtre pratiquĂ© lorsque l’un des parents a des "ascendants immĂ©diats" victimes d’une maladie gravement invalidante, telle que la maladie de Huntington, maladie Ă  rĂ©vĂ©lation tardive et mettant prĂ©maturĂ©ment en jeu le pronostic vital35. Les parents ne veulent pas savoir si eux-mĂȘmes sont atteints mais veulent Ă©pargner leur descendant. Ainsi le DPI permet de vĂ©rifier que les embryons ne sont pas affectĂ©s par le chromosome issu du grand-parent porteur de la maladie gĂ©nĂ©tique tout en Ă©vitant de procĂ©der Ă  cette vĂ©rification gĂ©nĂ©tique au niveau parental. Cependant l’absence de transfert d’embryon dans l’utĂ©rus maternel Ă  l’issue du DPI ne peut que suggĂ©rer que le parent est lui-mĂȘme atteint. Ainsi le DPI pratiquĂ© sur l’embryon de parents dont on ne sait pas s’ils sont porteurs de la maladie gĂ©nĂ©tique n’atteindra pas forcement l’objectif recherchĂ©. En rĂ©alitĂ© cette extension demandĂ©e par les chercheurs ne rĂ©sout aucune difficultĂ© mais permettra de mieux Ă©tudier et connaĂźtre la transmission de ces maladies gĂ©nĂ©tiques. 36 avis no 72 du 4 juillet 2002. 37 CSP, art. 2131-4-1. 38 V. C. Labrusse-Riou, "Servitude, servitudes", L’homme, la nature et le droit, sous la direction de ... 23L’autre extension du DPI permet de faire naĂźtre un enfant utile au traitement de son frĂšre atteint d’une maladie Ă  pronostic mortel ; il s’agit de ce que l’on a appelĂ© "l’enfant mĂ©dicament". L’anĂ©mie de Fanconi illustre ce cas de figure. Cette maladie hĂ©rĂ©ditaire grave conduit gĂ©nĂ©ralement Ă  la mort de maniĂšre trĂšs prĂ©maturĂ©e. Or l’enfant atteint peut espĂ©rer le traitement des aspects hĂ©matologiques de sa maladie Ă  partir d’une greffe de cellules du sang du cordon prĂ©levĂ© lors de la naissance d’un frĂšre ou d’une sƓur HLA compatible. InterrogĂ© le ComitĂ© consultatif national d’éthique a Ă©mis un avis favorable Ă  l’extension du DPI dans ce cas de figure36 pour rechercher les embryons indemnes de la maladie le DPI est Ă  leur service, mais Ă©galement leur compatibilitĂ© immunologique afin de soigner le frĂšre malade le DPI est pratiquĂ© dans l’intĂ©rĂȘt d’autrui. S’il existe un embryon indemne de la maladie gĂ©nĂ©tique recherchĂ©e et prĂ©sentant une compatibilitĂ© tissulaire HLA, son dĂ©veloppement ultĂ©rieur est assurĂ©, mĂȘme si les relations familiales en sortent perverties –celles des parents et celles de l’enfant sauvĂ© avec l’enfant sauveur–. S’il existe des embryons indemnes de l’anĂ©mie de Fanconi mais non compatibles HLA, le comitĂ© d’éthique a admis qu’il n’était pas question de contraindre une femme Ă  accepter un transfert d’embryons qu’elle rĂ©cuse. Le lĂ©gislateur de 2004 a nĂ©anmoins autorisĂ© cette extension du DPI37. Ainsi dans une perspective utilitariste est abandonnĂ© l’objectif initial selon lequel les embryons ne pouvaient ĂȘtre conçus artificiellement qu’en vue de leur propre dĂ©veloppement. La tentation de concevoir des embryons enfin de procurer Ă  l’enfant malade des moyens thĂ©rapeutiques n’est pas nouvelle38. Avec cet Ă©largissement du DPI, elle commence Ă  se concrĂ©tiser lĂ©galement au motif qu’il est illĂ©gitime de s’opposer, au nom des risques de dĂ©rive toujours possibles, aux espoirs suscitĂ©s par l’utilisation de techniques nouvelles lorsque celles-ci sont reconnues comme efficaces. 39 CSP, art. L. 2151-5 et C. Pen, art. 511-17 et 511-19. 24Une identique prĂ©occupation d’efficacitĂ© a enfin prĂ©sidĂ© Ă  l’autorisation de la recherche sur l’embryon, interdite jusqu’en 2004. L’intĂ©rĂȘt pour les cellules fƓtales et leur potentiel thĂ©rapeutique ouvrant sur une mĂ©decine rĂ©gĂ©nĂ©ratrice a Ă©tĂ© accru par la dĂ©couverte de leur totipotence. La loi maintient l’interdit de la recherche, interdit complĂ©tĂ© par des dispositions pĂ©nales39. Mais l’interdiction est assortie d’exceptions. Sont dĂ©sormais autorisĂ©es Ă  titre exceptionnel les recherches "lorsqu’elles sont susceptibles de permettre de progrĂšs thĂ©rapeutiques majeurs et Ă  la condition de ne pas pouvoir ĂȘtre poursuivies par une mĂ©thode alternative d’efficacitĂ© comparable, en l’état des connaissances scientifiques". Sont ainsi affectĂ©s Ă  la recherche, avec "l’accord Ă©crit prĂ©alable du couple dont ils sont issus" il s’agit du couple "commanditaire car cet embryon est gĂ©nĂ©ralement issu d’un don anonyme les embryons qui ne font plus l’objet d’un projet parental. L’article L. 2151-5 s’achĂšve sur ce constat en forme d’interdit "les embryons sur lesquels une recherche a Ă©tĂ© conduite ne peuvent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s Ă  des fins de gestation". Sans projet parental, l’embryon in vitro est matĂ©riau de laboratoire. 25Au terme de cette Ă©tude non exhaustive, une conclusion s’impose. La bioĂ©thique Ă©carte le droit et le remplace par d’autres rĂšgles lĂ©gales. Mais celles-ci, non seulement ignorent les catĂ©gories et les qualifications juridiques habituelles, mais encore prennent appui sur les affects la gĂ©nĂ©rositĂ©, le dĂ©sir d’ĂȘtre parent, l’espĂ©rance d’ĂȘtre guĂ©ri ou d’avoir des enfants sains. Ainsi prend forme une rĂšgle incontestablement utilitaire, Ă©volutive en fonction des besoins qui autorise l’exploitation de l’homme par l’homme. 26Nous avons cherchĂ© la morale dans la bioĂ©thique et nous ne l’avons pas trouvĂ©e ! Notes 1 L. no 2004-800 "relative Ă  la bioĂ©thique" ; V. Dictionnaire Permanent BioĂ©thique et biotechnologie, bull. 140 bis, aoĂ»t 2004. 2 L. no 94-654. 3 Il n’est pas sans intĂ©rĂȘt de relever que ce chapitre prend place dans le livre IV "administration gĂ©nĂ©rale de la santĂ©", entre le chapitre I "politique de santĂ© publique" et le chapitre III "sĂ©curitĂ©, veille et alerte sanitaire", emplacement qui rĂ©vĂšle la dimension utilitaire de cette notion. Le contenu de ce chapitre illustre le poids de l’éthique Ă  laquelle ne sont consacrĂ©s que deux articles l’article L. 1412-1 dĂ©finissant le rĂŽle du ComitĂ© Consultatif National d’Ethique et l’article L. 1412-2 renvoyant Ă  un dĂ©cret pour prĂ©ciser la composition et le fonctionnement du ComitĂ©. 4 Par ex., en 1982 dans le Petit Robert de la langue française. 5 Petit Robert de la langue française, V° BioĂ©thique ; le dictionnaire de vocabulaire juridique du Juris-classeur, Ă©d. 2002, sous la direction de R. Cabrillac, V° bioĂ©thique, propose la dĂ©finition suivante "discipline rĂ©flĂ©chissant sur les questions morales et juridiques suscitĂ©es par les progrĂšs de la recherche mĂ©dicale, notamment dans le domaine de la gĂ©nĂ©tique et de la reproduction". 6 Ainsi l’art. 40 de la loi du 6 aoĂ»t 2004 prĂ©voit que "la prĂ©sente loi fera l’objet d’un nouvel examen d’ensemble par le Parlement dans un dĂ©lai maximum de cinq ans aprĂšs son entrĂ©e en vigueur". 7 J. Carbonnier, Droit civil, "Introduction", les Personnes, PUF, coll. ThĂ©mis, 1984, p. 243. 8 G. David, "Don et utilisation du sperme", Actes du colloque GĂ©nĂ©tique, procrĂ©ation et droit, Actes Sud, 1985, p. 203. 9 G. David, art. prĂ©cit. p. 213. 10 R. Frydman, "Le don d’ovule", GĂ©nĂ©tique, procrĂ©ation et droit, actes prĂ©cit., p. 225. 11 complĂ©tĂ© par C. Pen. Art. 511-13. 12 Code de la SantĂ© publique, Juris code annotĂ©, sous la direction de F. Dreifuss-Netter, Ă©d. 2005, art. 1244-7. 13 qui Ă©tablit un dossier comportant des informations trĂšs complĂštes sur le donneur CSP, art. R. 1244-8 procĂšde Ă  des entretiens du couple CSP, art. R. 1244-6 avant de recueillir leur consentement CSP, art. R. 1244-5, 14 CSP, art. R. 1244-8 in fine "les informations touchant Ă  l’identitĂ© des donneurs, Ă  l’identification des enfants nĂ©s et aux liens biologiques existant entre eux sont conservĂ©s dans une chambre ou armoire forte spĂ©cifiquement affectĂ©e Ă  cette conservation Ă  laquelle ont accĂšs uniquement les praticiens agréés pour les activitĂ©s mentionnĂ©es au premier alinĂ©a". 15 arr. 12 janv. 1999 relatif aux rĂšgles de bonnes pratiques cliniques et biologiques en assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation recommande, sauf exception justifiĂ©e, de ne pas transfĂ©rer plus de deux embryons chaque fois, JO, 28 fĂ©v. 1999, p. 3061, § 16 DĂ©cr. no 88-327 du 8 avr. 1988 JO, 9 avr. 1988, p. 4707. 17 TGI Rennes, 30 juin 1993, JCP, 1994, II, 22250, note C. Neirinck ; TGI Toulouse, 11 mai 1993 et Toulouse, 18 avr. 1994, JCP, 1995, II, 22472, note C. Neirinck ; Cass. civ. 1°, 9 janv. 1996, JCP 1996, II, note C. Neirinck. 18 CSP art. L. 2141-2 vise expressĂ©ment le dĂ©cĂšs comme obstacle au transfert des embryons mais la question avait donnĂ© lieu Ă  de nombreuses hĂ©sitations Ă  l’occasion du vote de la loi du 6 aoĂ»t 2004. 19 par ex ComitĂ© Consultatif National d’Éthique, avis no 40 du 17 dĂ©c. 1993, MĂ©decine et Droit, no 4, janv. 1994, p. 23 ; dans le mĂȘme sens et ayant autorisĂ© le transfert post-mortem comitĂ© rĂ©gional de bioĂ©thique de Rennes, avis cit., Lettre du ComitĂ© Consultatif National d’Ethique, no 28, p. 9 et 10. 20 TA Amiens, 9 mars 2004 D., 2004, jp, p. 1051, note X. LabbĂ©e. 21 CSP art. L. 2141-5 ; pour les modalitĂ©s pratiques DĂ©cr. 99-925, 2 nov. 1999, JO, 6 nov. 1999, p. 16598 ; E. Putman, RJPF, 2000-1/39, p. 22 ; G. FaurĂ©, JCP, 1999, act., p. 2233. 22 AJ Famille, nov. 2004, no 11/2004, p. 379. 23 cf. infra, II-B. 24 CSP, art. L. 2141-2. 25 J. Flauss-Diem, "Filiation et accĂšs Ă  l’aide mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation point de vue des droits français et anglais", Les Petites Affiches, no 128 du 18 oct. 1996, p. 16 et s. 26 C. civ. art. 346 "nul ne peut ĂȘtre adoptĂ© par plusieurs personnes si ce n’est par deux Ă©poux" 27 TGI Bordeaux, 27 juill. 2004, D., 2004, jp. p. 2392, note E. Agostini ; Droit de la famille, comm., no 166, note M. Azavant ; CA Bordeaux, 19 avr. 2005, Droit famille, 2005, comm., no 124, note M. Azavant. 28 Il suffit d’une apparence de couple hĂ©tĂ©rosexuel un couple formĂ© d’une femme et d’un transsexuel passĂ© du sexe fĂ©minin au sexe masculin et ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une rectification de son Ă©tat civil peut prĂ©tendre Ă  l’AΜΡ en ce sens, Code de la SantĂ© publique annotĂ© sous la direction de F. Dreifuss-Netter, PrĂ©cit., sous art. L. 2141-2, p. 362, no 0595. 29 Pour une analyse critique, F. Dekeuwer-Defossez, "Couple et cohabitation", La notion juridique de couple sous la direction de C. Brunetti-Pons, Ă©d. Economica 198, coll. Etudes juridiques, no 4, p. 70. 30 l’ñge pris en compte n’est pas celui des deux membres du couple mais l’ñge de la femme garant du succĂšs de l’intervention. 31 C. Neirinck, "Le couple et l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation", Les Petites Affiches, 13 aoĂ»t 1999. 32 CSP, art. L. 2141-2 et 2141-8. 33 CSP, L. 2131-4. 34 Y. Thomas, DU droit de ne pas naĂźtre, op. cit., p. 116. 35 CSP, art. L. 2131-4. 36 avis no 72 du 4 juillet 2002. 37 CSP, art. 2131-4-1. 38 V. C. Labrusse-Riou, "Servitude, servitudes", L’homme, la nature et le droit, sous la direction de B. Edelman et M. A. Hermltte, Ă©d. Ch. Bourgeois, 1988, p. 309. 39 CSP, art. L. 2151-5 et C. Pen, art. 511-17 et 511-19. Cette publication numĂ©rique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractĂšres.

article l 2141 1 du code de la santé publique