🎨 Dit Leur De Baisser La Lumiere Parole

LELIVRE D'HENOCH chap 51 à 80. Cette version prend l’Éthiopien comme base. La traduction publiée dans la Pléiade, La Bible Écrits inter-testamentaires donne la priorité aux manuscrits araméens de Qumram, à défaut de l’araméen au grec, à défaut du grec, l’éthiopien. Woxikon/ Rimes / baisser la lumière. FR Qu'est-ce qui rime avec baisser la lumière? Présentant 340 des rimes appariées. Rimes les meilleures pour baisser la lumière. aventurière {f} cordière {f} litière {f} dentellière {f} jambière. garçonnière {f} barbotière {f} hospitalière {f} chaumière {f} Bruay-la-Buissière. douairière {f} gerbière {f} banqueroutière {f} thétière {f Elleconsiste à mettre en place des répétitions par la pensée : fermez les yeux et imaginez la scène : vous prenez la parole devant ce public de collègues. Vous devez aller loin dans les détails. Imaginez la table, la lumière, et vos propres mots. Tout se déroule parfaitement bien et l’on vous félicite à la fin. Le16 août, Mgr Franz-Josef Bode, évêque d'Osnabrück, a présidé à 17 h à Bonn l'une des trois Messes célébrées simultanément pour l'ouverture des JMJ (voir p. 867). Voici le texte de l BaisserLa Lumière Ou Filtrer De La Farine Solution. Réponses mises à jour et vérifiées pour le niveau CodyCross Transports Groupe 102 Jecrois chaque parole sortie de la bouche de Dieu parce que la parole de Dieu représente Dieu Lui-même qui ne peut mentir et Sa parole ne peut mentir. Chacune des promesses de Dieu pour ma vie s’accomplira certainement. Je confesse la parole de Dieu sur ma vie et je déclare au diable que je ne suis pas ignorant de qui je suis en Christ. SeigneurJésus, je prie pour que tes yeux soient sur eux au nom de Jésus. Je décrète que vos mains protectrices seront sur mes enfants, comme ils sortent aujourd'hui au nom de Jésus. Car il a été écrit que personne ne me trouble parce que je porte la marque du Christ. Je décrète que mes enfants partiront aujourd'hui, ils ne seront pas EnsuiteIl les réunit et Il en fait un amas, et tu vois la pluie sortir de son sein. Et Il fait descendre du ciel, de la grêle [provenant] des nuages [comparables] à des montagnes. Il en frappe qui Il veut et l'écarte de qui Il veut. Peu s'en faut que l'éclat de son éclair ne ravisse la vue. ANNUR (LA LUMIÈRE) Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 1.Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée, et Nous y avons fait descendre des versets explicites afin que vous vous souveniez". 2.La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. . Ah la la. Ah j'suis crevé là. J'ai été en vacances, j'suis crevé dis donc. C'est fatigant hein. Je sais pas qui c'est qu'a dit "Partir c'est crever un pneu" mais il avait raison. Les voyages forment la jeunesse y disent... J'te dis pas dans quel état ça met les valises. On a été partout avec ma femme, on est descendu. On a été à Lisieux, on a mit le pied dans la grotte... Du pied gauche ça porte bonheur hein. J'voyais pas bien l'intérêt, j'étais dis "Lisieux tout le monde en parle, c'est surtout les infirmes que ça intéresse." Ceux qu'on été à Lourdes sûrement, on leur a dit - "Ça vous à rien fait, il vous reste Lisieux pour pleurer", j'sais pas. Je sais pas hein j'dis ça, c'est une connerie. On a fait plein de pays, on a fait la Turquie. Alors la Turquie c'est nul. Déjà que les Turcs y restent mais que les autres y aillent, non j'vois pas, non. Et alors ils parlent que Turc hein les Turcs. Moi j'parle un peu le Turc, mais sous la torture, sans ça... J'ai été au Chili aussi c'est bien, mais seulement, à 6 heures et quart, tout est fermé au Chili. J'ai vu un flic dans la rue au Chili, il a demandé a un mec - Qu'est-ce t'en pense toi ? - Ben comme vous - Ben j't'arrête alors Non pour nous pour les vacances y'a un pays qu'est bien, qu'a gardé ces traditions, c'est la Suisse. Non parce qu'au moins c'est propre quoi on attrape pas, on peut attraper que des médicaments en Suisse, on peut pas attraper d'maladies voyez. Et puis au moins y'a pas de pauvres ou alors ils sont pas Suisses. Ils ont gardé les traditions le matin on fait la gymnastique à la radio "Levez, baissez, levez, baissez... Bon maintenant on va faire l'autre paupière". Moi c'que j'ai surtout détesté à l'étranger, à part les étrangers eux mêmes évidemment, c'est surtout qu'ils parlent pas Français. Et selon les pays où qu'on va, ils parlent pas le même étranger. T'apprends l'étranger, tu vas ailleurs, tu sais plus parler avec les mecs. T'arrives à Dakar, c'est une grande ville, avec un plan de Paris, y'a pas une rue qui correspond. Ils disent qu'ils veulent développer le tourisme, y s'foutent de notre gueule... Quand même un p'tit peu, hein, quand même un p'tit peu. Et surtout c'qu'est désolant c'est la bouffe. En France on bouffe quand même très bien. Moi j'suis pas chauvin, hein, j'suis même pas Français. Mais on bouffe bien hein. Mon vieux, les mecs ils économisent 11 mois, le 12ème mois ils arrivent aux Indes on leur donne des boulettes, ils les donnent aux chiens ils les mangent pas. T'arrives dans des pays ils mangent de la merde ! Ils pourraient faire gaffe quand même on est à table. Et puis alors j'sais pas comment y s'démerdent mais t'as vite fait de manger épicé hein. Pas en même temps, pas en même temps hein, mais déjà hein. Ah dis donc la douane le lendemain, lha, lha, t'as intérêt à mettre des caleçons bout filtre hein. J'suis allé en Grèce aussi, en bateau, le capitaine a dit - "Tout l'monde a fini d'écrire ? Je jette l'ancre". Bon, on a accosté j'suis pas resté la Grèce c'est très pauvre. Quand ils mangent du poisson ils gardent la queue pour peindre. J'vous dis la misère qu'y a dans ces pays là. L'Afrique y parait qu'c'est plus bien maintenant. Avant c'était bien quand y'avait que des noirs. Mais maintenant qu'il y a trop de blancs il parait que c'est pas bien. C'est un blanc qui m'a dit ça. Il parait l'Afrique c'est bien, sauf quand ils gueulent à table, c'est toi qui bouffent, mais sans ça le reste c'est sympa, c'est sympa ouais. Les arabes aussi ont fait beaucoup de progrès. Maintenant y'en a des riches hein. Y'en a aussi des pauvres hein rassurez vous hein. Vous allez pas être obligés de bosser tout de suite. Enfin moi j'suis pas allé en Arabie, j'les ai vu à Cannes. J'ai vu à l'hôtel y'a un émir qu'est arrivé, et puis il a finit par repartir aussi... Adieu l'émir on t'aimait bien. Il est arrivé... non, j'l'aime bien... il est arrivé à l'hôtel il s'est mit l'doigt dans la porte, il a dit - "Vite, vas m'acheter une clinique !" Alors, j'ai fais l'Ecosse en autocar j'vous l'conseille pas hein; c'est un peu comme l'Australie en kangourou, faut pas l'faire. J'ai été la Suède, la Suède c'est gentil. Bon la Suède ils jouent bien au tennis. Moi j'aime mieux le ping-pong moi personnellement hein. Y'a pas de quoi crâner avec le tennis, c'est pareil que le ping-pong sauf qu'ils sont debout sur la table hein, bon. Heu, la Laponie c'est sympa, j'ai été réveillé un matin - "Boum boum. Police, qu'est ce que vous avez fait dans la nuit du 23 novembre au 27 avril ?" - "Ben heu..." L'Espagne aussi c'est bien, puis c'est pas loin au moins. Faut pas y aller en camion, mais c'est sympa. Mais dis donc ce que je savais pas l'Espagne c'est à quel point c'est pauvre. Y'a pas de viande. La boucherie c'est un cirque. D'ailleurs c'est dans un cirque. Ils tuent les boeufs à l'épée, vous saviez ça ? Ils lâchent un boeuf, et y'a un mec qui rentre avec un costard à paillettes, pratiquement habillé en poisson. Parce que ils ont pas de viande mais les bouchers sont bien sappés. Il arrive là le mec, il court après avec son épée, il l'énerve avec son manteau et tout et à chaque fois qu'il le rate les mecs qu'attendent pour bouffer - "Olé ! !" Y'a un boeuf, y'a un monde ! Le mec qui le tue il a 2 oreilles et la queue, c'est pour vous dire la misère. Y'a la Chine aussi qu'a ouvert ces portes maintenant. La Chine plus on est de fous, moins y'a de riz. C'est sympa la Chine, tout le monde peut y aller, les blancs, tout le monde. Alors j'ai parlé avec un Chinois, moi qui parlait un peu le Turc. J'ai dis "Mais...", j'ai dis - "Mais ça vous emmerde pas de voir les blancs arriver chez vous, ils ont fait que des conneries les blancs, même chez eux... Vous craignez pas le mélange ?" Il m'a dit - "On ne craint pas le mélange vous savez... Dans un oeuf y'a du blanc et du jaune... Et ben quand on mélange, y reste plus que du jaune hein !" - Coluche Paroles2Chansons dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique SEAM LES FRÈRES DE MOWGLI Chil Vautour conduit les pas de la nuitxxx Que Mang le Vampire délivre — Dorment les troupeaux dans l’étable clos xxx La terre à nous, l’ombre la livre ! C’est l’heure du soir, orgueil et pouvoirxxx À la serre, le croc et l’ongle. Nous entendez-vous ? Bonne chasse à tousxxx Qui gardez la Loi de la Jungle !xxxxxxx Chanson de nuit dans la Jungle. Il était sept heures d’une soirée très chaude, sur les collines de Seeonee, quand père Loup s’éveilla de son somme journalier, se gratta, bâilla et détendit ses pattes l’une après l’autre pour dissiper la sensation de paresse qu’il sentait encore à leurs extrémités. Mère Louve était étendue, son gros nez gris tombé parmi ses quatre petits qui se culbutaient et criaient, et la lune luisait par l’ouverture de la caverne où ils vivaient tous. — Augrh ! dit Père Loup, il est temps de se remettre en chasse. Et il allait s’élancer vers le fond de la vallée, quand une petite ombre à queue touffue barra l’ouverture et jappa — Bonne chance, ô chef des loups ! Bonne chance et fortes dents blanches aux nobles enfants. Puissent-ils n’oublier jamais en ce monde ceux qui ont faim ! C’était le chacal — Tabaqui le Lèche-Plat — et les loups de l’Inde méprisent Tabaqui parce qu’il rôde partout faisant du grabuge, colportant des histoires et mangeant des chiffons et des morceaux de cuir dans les tas d’ordures aux portes des villages. Mais ils ont peur de lui aussi, parce que Tabaqui, plus que tout autre dans la jungle, est sujet à devenir enragé, et alors il oublie qu’il ait jamais eu peur de quelqu’un, et il court à travers la forêt, mordant tout ce qu’il trouve sur sa route. Le tigre même se sauve et se cache lorsque le petit Tabaqui devient enragé, car la rage est la chose la plus honteuse qui puisse surprendre un animal sauvage. Nous l’appelons hydrophobie, mais eux l’appellent dewanee — la folie — et ils se sauvent — Entre alors, et cherche, dit Père Loup avec raideur ; mais il n’y a rien à manger ici. — Pour un loup, non, certes, dit Tabaqui ; mais pour un aussi mince personnage que moi, un os sec est un festin. Que sommes-nous donc, nous autres Gidur log le peuple chacal, pour trier et choisir ? Il obliqua vers le fond de la caverne, y trouva un os de chevreuil où restait quelque viande, s’assit et en fit craquer le bout avec joie. — Merci pour ce bon repas ! dit-il en se léchant les lèvres. Qu’ils sont beaux, les nobles enfants ! Quels grands yeux ! Et si jeunes, pourtant ! Je devrais me rappeler, en effet, que les enfants des rois sont hommes dès le berceau. Or, Tabaqui le savait aussi bien que personne, il n’y a rien de plus malencontreux que de louer des enfants à leur nez ; il prit plaisir à voir que Mère et Père Loup semblaient gênés. Tabaqui resta un moment, en repos, en se réjouissant du mal qu’il venait de faire ; puis il reprit malignement — Shere Khan, le Grand, a changé de terrain de chasse. Il va chasser sur ces collines, à la prochaine lune, m’a-t-il dit. Shere Khan était le tigre qui habitait près de la rivière, la Waingunga, à vingt milles plus loin. — Il n’en a pas le droit, commença Père Loup avec colère. De par la Loi de la Jungle, il n’a pas le droit de changer ses quartiers sans dûment avertir. Il effraiera tout le gibier à dix milles à la ronde, et moi… moi j’ai à tuer pour deux ces temps-ci. — Sa mère ne l’a pas appelé Lungri le Boiteux pour rien, dit Mère Louve tranquillement il est boiteux d’un pied depuis sa naissance ; c’est pourquoi il n’a jamais pu tuer que des bestiaux. À présent, les villageois de la Waingunga sont irrités contre lui, et il vient irriter les nôtres. Ils fouilleront la jungle à sa recherche… il sera loin, mais, nous et nos enfants, il nous faudra courir quand on allumera l’herbe. Vraiment, nous sommes très reconnaissants à Shere Khan ! — Lui parlerai-je de votre gratitude ? dit Tabaqui. — Ouste ! jappa brusquement Père Loup. Va-t’en chasser avec ton maître. Tu as fait assez de mal pour une nuit. — Je m’en vais, dit Tabaqui tranquillement. Vous pouvez entendre Shere Khan, en bas, dans les fourrés. J’aurais pu me dispenser du message. Père Loup écouta. En bas, dans la vallée qui descendait vers une petite rivière, il entendit la plainte dure, irritée, hargneuse et chantante d’un tigre qui n’a rien pris et auquel il importe peu que toute la jungle le sache. — L’imbécile ! dit Père Loup, commencer un travail de nuit par un vacarme pareil ! Pense-t-il que nos chevreuils sont comme ses veaux gras de la Waingunga ? — Chut ! Ce n’est ni bœuf ni chevreuil qu’il chasse cette nuit, dit Mère Louve, c’est l’homme. La plainte s’était changée en une sorte de ronron bourdonnant qui semblait venir de chaque point de l’étendue. C’était le bruit qui égare les bûcherons et les nomades à la belle étoile, et les fait courir quelquefois dans la gueule même du tigre. — L’homme ! — dit Père Loup, en montrant toutes ses dents blanches. — Faugh ! N’y a-t-il pas assez d’insectes et de grenouilles dans les citernes, qu’il lui faille manger l’homme, et sur notre terrain encore ? La Loi de la Jungle, qui n’ordonne rien sans raison, défend à toute bête de manger l’homme, sauf lorsqu’elle tue pour montrer à ses enfants comment on tue, et alors elle doit chasser hors des réserves de son clan ou de sa tribu. La vraie raison en est que le meurtre de l’homme signifie, tôt ou tard, invasion d’hommes blancs armés de fusils et montés sur des éléphants, et d’hommes bruns, par centaines, munis de gongs, de fusées et de torches. Alors tout le monde souffre dans la jungle… La raison que les bêtes se donnent entre elles, c’est que, l’homme étant le plus faible et le plus désarmé des vivants, il est indigne d’un chasseur d’y toucher. Ils disent aussi — et c’est vrai — que les mangeurs d’hommes deviennent galeux et qu’ils perdent leurs dents. Le ronron grandit et se résolut dans le Aaarh ! » à pleine gorge du tigre qui charge. Alors, il y eut un hurlement — un hurlement bizarre, indigne d’un tigre — poussé par Shere Khan. — Il a manqué son coup, dit Mère Louve. Qu’est-ce que c’est ? Père Loup courut à quelques pas de l’entrée ; il entendit Shere Khan grommeler sauvagement tout en se démenant dans la brousse. — L’imbécile a eu l’esprit de sauter sur un feu de bûcherons et s’est brûlé les pieds ! dit Père Loup en grognant. Tabaqui est avec lui. — Quelque chose monte la colline, dit Mère Louve en dressant une oreille. Tiens-toi prêt. Il y eut un petit froissement de buissons dans le fourré. Père Loup, ses hanches sous lui, se ramassa, prêt à sauter. Alors, si vous aviez été là, vous auriez vu la chose la plus étonnante du monde le loup arrêté à mi-bond. Il prit son élan avant de savoir ce qu’il visait, puis il essaya de se retenir. Il en résulta un saut de quatre ou cinq pieds droit en l’air, d’où il retomba presque au même point du sol qu’il avait quitté. — Un homme ! hargna-t-il. Un petit d’homme. Regarde ! En effet, devant lui, s’appuyant à une branche basse, se tenait un bébé brun tout nu, qui pouvait à peine marcher, le plus doux et potelé petit atome qui fût jamais venu, la nuit, à la caverne d’un loup. Il leva les yeux pour regarder père Loup en face et se mit à rire. — Est-ce un petit d’homme ? dit mère Louve. Je n’en ai jamais vu. Apporte-le ici. Un loup, accoutumé à transporter ses propres petits, peut très bien, s’il est nécessaire, prendre dans sa gueule un œuf sans le briser. Quoique les mâchoires de Père Loup se fussent refermées complètement sur le dos de l’enfant, pas une dent n’égratigna la peau lorsqu’il le déposa au milieu de ses petits. — Qu’il est mignon ! Qu’il est nu !… Et qu’il est brave ! dit avec douceur Mère Louve. Le bébé se poussait, entre les petits, contre la chaleur du flanc tiède. — Ah ! Ah ! Il prend son repas avec les autres.… Ainsi, c’est un petit d’homme. A-t-il jamais existé une louve qui pût se vanter d’un petit d’homme parmi ses enfants ? — J’ai parfois ouï parler de semblable chose, mais pas dans notre clan ni de mon temps, dit père Loup. Il n’a pas un poil, et je pourrais le tuer en le touchant du pied. Mais, voyez, il me regarde et n’a pas peur ! Le clair de lune s’éteignit à la bouche de la caverne, car la grosse tête carrée et les fortes épaules de Shere Khan en bloquaient l’ouverture et tentaient d’y pénétrer. Tabaqui, derrière lui, piaulait — Monseigneur, Monseigneur, il est entré ici ! — Shere Khan nous fait grand honneur — dit père Loup, les yeux mauvais. — Que veut Shere Khan ? — Ma proie. Un petit d’homme a pris ce chemin. Ses parents se sont enfuis. Donnez-le-moi ! Shere Khan avait sauté sur le feu d’un campement de bûcherons, comme l’avait dit père Loup, et la brûlure de ses pattes le rendait furieux. Mais père Loup savait l’ouverture de la caverne trop étroite pour un tigre. Même où il se tenait, les épaules et les pattes de Shere Khan étaient resserrées par le manque de place, comme les membres d’un homme qui tenterait de combattre dans un baril. — Les loups sont un peuple libre, dit père Loup. Ils ne prennent d’ordres que du Conseil supérieur du clan, et non point d’aucun tueur de bœufs plus ou moins rayé. Le petit d’homme est à nous… pour le tuer si nous en avons envie. — Envie ou pas envie… ! Quel langage est-ce là ? Par le taureau que j’ai tué, dois-je attendre, le nez dans votre repaire de chiens, lorsqu’il s’agit de mon dû le plus strict ? C’est moi, Shere Khan, qui parle. Le rugissement du tigre emplit la caverne de son tonnerre. Mère Louve secoua les petits de son flanc et s’élança, ses yeux, comme deux lunes vertes dans les ténèbres, fixés sur les yeux flambants de Shere Khan. — Et c’est moi, Raksha le Démon, qui vais te répondre. Le petit d’homme est mien, Lungri, le mien à moi ! Il ne sera point tué. Il vivra pour courir avec le clan, et pour chasser avec le clan ; et, prends-y garde, chasseur de petits tout nus, mangeur de grenouilles, tueur de poissons ! il te fera la chasse, à toi ! … Maintenant, sors d’ici, ou, par le Sambhur que j’ai tué — car moi je ne me nourris pas de bétail mort de faim, — tu retourneras à ta mère, bête brûlée de la jungle, plus boiteux que jamais tu n’es venu au monde. Va-t’en ! Père Loup leva les yeux, stupéfait. Il ne se souvenait plus des jours où il avait conquis mère Louve, en loyal combat contre cinq autres loups, au temps où, dans les expéditions du clan, ce n’était pas par pure politesse qu’on l’appelait le Démon. Shere Khan aurait pu tenir tête à père Loup, mais il ne pouvait s’attaquer à mère Louve, car il savait que dans la position où il était elle gardait tout l’avantage du terrain et qu’elle combattrait à mort. Aussi se recula-t-il hors de l’ouverture en grondant ; et, quand il fut à l’air, libre, il cria — Chaque chien aboie dans sa propre cour ! Nous verrons ce que dira le clan, comment il prendra cet élevage de petit d’homme. Le petit est à moi, et sous ma dent il faudra bien qu’à la fin il tombe, ô voleurs à queues touffues ! Mère Louve se laissa retomber, haletante, parmi les petits, et père Loup lui dit gravement — Là, Shere Khan a raison ; le petit doit être montré au clan. Veux-tu encore le garder, mère ? Elle souffla — Si je veux le garder !… Il est venu tout nu, la nuit, seul et mourant de faim, et il n’avait même pas peur. Regarde, il a déjà poussé un de nos bébés de côté. Et ce boucher boiteux l’aurait tué et se serait sauvé ensuite vers la Waingunga, tandis que les villageois d’ici seraient accourus, à travers nos reposées, faire une battue pour en tirer vengeance !… Si je le garde ? Assurément, je le garde. Couche-toi là, petite grenouille… Ô toi, Mowgli, car Mowgli la Grenouille je veux t’appeler, le temps viendra où tu feras la chasse à Shere Khan comme il t’a fait la chasse à toi ! — Mais que dira notre clan ? dit père Loup. La Loi de la Jungle établit très clairement que chaque loup peut, lorsqu’il se marie, se retirer du clan auquel il appartient ; mais, aussitôt que ses petits sont assez âgés pour se tenir sur leurs pattes, il doit les amener au conseil du clan, qui se réunit généralement une fois par mois à la pleine lune, afin que les autres loups puissent reconnaître leur identité. Après cet examen, les petits sont libres de courir où il leur plaît, et jusqu’à ce qu’ils aient tué leur premier chevreuil, il n’est pas d’excuse valable pour le loup adulte et du même clan qui tuerait l’un d’eux. Le châtiment est la mort pour le meurtrier où qu’on le trouve, et, si vous réfléchissez une minute, vous verrez qu’il en doit être ainsi. Père Loup attendit jusqu’à ce que ses petits pussent courir un peu, et alors, la nuit de l’assemblée, il les emmena avec Mowgli et mère Louve au Rocher du Conseil — un sommet de colline couvert de pierres et de galets, où une centaine de loups pouvaient s’isoler. Akela, le grand loup gris solitaire, que sa vigueur et sa finesse avaient mis à la tête du clan, était étendu de toute sa longueur sur sa pierre ; un peu au-dessous de lui étaient assis plus de quarante loups de toutes tailles et de toutes robes, depuis les vétérans couleur de blaireau, qui pouvaient, à eux seuls, se tirer d’affaire avec un chevreuil, jusqu’aux jeunes loups noirs de trois ans, qui s’en croyaient capables. Le solitaire était à leur tête depuis un an maintenant. Au temps de sa jeunesse, il était tombé deux fois dans un piège à loup, et une autre fois il avait été assommé et laissé pour mort aussi connaissait-il les us et coutumes des hommes. On causait fort peu sur la roche. Les petits se culbutaient l’un l’autre au centre du cercle où siégeaient leurs mères et leurs pères, et, de temps en temps, un loup plus âgé se dirigeait tranquillement vers un petit, le regardait avec attention, et regagnait sa place à pas silencieux. Parfois, une mère poussait son petit en plein clair de lune pour être sûre qu’il n’avait point passé inaperçu. Akela, de son côté, criait — Vous connaissez la Loi, vous connaissez la Loi. Regardez bien, ô loups ! Et les mères reprenaient le cri — Regardez, regardez bien, ô loups ! À la fin et mère Louve sentit se hérisser les poils de son cou lorsque arriva ce moment, père Loup poussa Mowgli la Grenouille », comme ils l’appelaient, au milieu du cercle, où il resta par terre à rire et à jouer avec les cailloux qui scintillaient dans le clair de lune. Akela ne leva pas sa tête d’entre ses pattes mais continua le cri monotone — Regardez bien !… Un rugissement sourd partit de derrière les rochers ; la voix de Shere Khan criait — Le petit est mien. Donnez-le-moi. Le Peuple Libre, qu’a-t-il à faire d’un petit d’homme ? Akela ne remua même pas les oreilles ; il dit simplement — Regardez bien, ô loups ! Le Peuple Libre, qu’a-t-il à faire des ordres de n’importe qui, hormis de ceux du Peuple Libre !… Regardez bien ! Il y eut un chœur de sourds grognements, et un jeune loup de quatre ans, tourné vers Akela, répéta la question de Shere Khan — Le Peuple Libre, qu’a-t-il à faire d’un petit d’homme ? Or, la Loi de la Jungle, en cas de dispute sur les droits d’un petit à l’acceptation du clan, exige que deux membres au moins du clan, qui ne soient ni son père ni sa mère, prennent la parole en sa faveur. — Qui parle pour ce petit ? dit Akela. Dans le Peuple Libre, qui parle ? Il n’y eut pas de réponse, et mère Louve s’apprêtait pour ce qui serait son dernier combat, elle le savait bien, s’il fallait en venir à combattre. Alors, le seul étranger qui soit admis au conseil du clan — Baloo, l’ours brun endormi, qui enseigne aux petits la Loi de la Jungle, le vieux Baloo qui peut aller et venir partout où il lui plaît, parce qu’il mange uniquement des noix, des racines et du miel — se leva sur son séant et grogna. — Le petit d’homme… le petit d’homme ?… dit-il. C’est moi qui parle pour le petit d’homme. Il n’y a pas de mal dans un petit d’homme. Je n’ai pas le don de la parole, mais je dis la vérité. Laissez-le courir avec le clan, et qu’on l’enrôle parmi les autres. C’est moi-même qui lui donnerai des leçons. — Nous avons encore besoin d’un d’autre, dit Akela. Baloo a parlé, et c’est lui qui enseigne nos petits. Qui parle avec Baloo ? Une ombre tomba au milieu du cercle. C’était Bagheera, la panthère noire. Sa robe est tout entière noire comme l’encre, mais les marques de la panthère y affleurent, sous certains jours, comme font les reflets de la moire. Chacun connaissait Bagheera, et personne ne se souciait d’aller à l’encontre de ses desseins, car elle était aussi rusée que Tabaqui, aussi hardie que le buffle sauvage et aussi intrépide que l’éléphant blessé. Mais sa voix était plus suave que le miel sauvage, qui tombe goutte à goutte des arbres, et sa peau plus douce que le duvet. — Ô Akela, et vous, Peuple Libre ! ronronna-t-elle, je n’ai aucun droit dans votre assemblée. Mais la Loi de la Jungle dit que, s’il s’élève un doute, dans une affaire où il ne soit pas question de meurtre, à propos d’un nouveau petit, la vie de ce petit peut être rachetée moyennant un prix. Et la Loi ne dit pas qui a droit ou non de payer ce prix. Ai-je raison ? — Très bien ! très bien, firent les jeunes loups, qui ont toujours faim. — Écoutons Bagheera. Le petit peut être racheté. C’est la Loi. — Sachant que je n’ai aucun droit de parler ici, je demande votre permission. — Parle donc, crièrent vingt voix. — Tuer un petit nu est une honte. En outre, il pourra nous aider à chasser mieux quand il sera en âge. Baloo a parlé en sa faveur. Maintenant, à ce qu’a dit Baloo, j’ajouterai l’offre d’un taureau, et bien gras, fraîchement tué à un demi-mille d’ici à peine, si vous acceptez le petit d’homme, conformément à la Loi. Y a-t-il une difficulté ? Il s’éleva une clameur de voix disant par vingtaines — Qu’importe ! Il mourra sous les pluies de l’hiver ; il sera grillé par le soleil… Quel mal peut nous faire une grenouille nue ?… Qu’il coure avec le clan !… Où est le taureau, Bagheera ?… Qu’on l’accepte. Et alors revint l’aboiement profond d’Akela. — Regardez bien… regardez bien, ô loups ! Mowgli continuait à s’intéresser aux cailloux ; il ne daigna prêter aucune attention aux loups qui vinrent un à un l’examiner. À la fin, ils descendirent tous la colline, à la recherche du taureau mort, et seuls restèrent Akela, Bagheera, Baloo et les loups de Mowgli. Shere Khan rugissait encore dans la nuit, car il était fort en colère que Mowgli ne lui eût pas été livré. — Oui, tu peux rugir, dit Bagheera dans ses moustaches car le temps viendra où cette petite chose nue te fera rugir sur un autre ton, ou je ne sais rien de l’homme. — Nous avons bien fait, dit Akela les hommes et leurs petits sont gens très avisés. Le moment venu, il pourra être utile. — C’est vrai, dit Bagheera ; le moment venu, on pourra en avoir besoin car personne ne peut espérer conduire le clan toujours ! Akela ne répondit rien. Il pensait au temps qui arrive pour chaque chef de clan, où sa force l’abandonne et où, plus affaibli de jour en jour, il est tué à la fin par les loups et remplacé par un nouveau chef, qui sera à son tour. — Emmenez-le, dit-il à père Loup, et dressez-le comme il sied à un membre du Peuple Libre. Et c’est ainsi que Mowgli entra dans le clan des loups de Seeonee, au prix d’un taureau et pour une bonne parole de Baloo. Maintenant, il faut vous donner la peine de sauter dix ou onze années entières, et d’imaginer seulement l’étonnante existence que Mowgli mena parmi les loups, parce que, s’il fallait l’écrire, cela remplirait je ne sais combien de livres. — Il grandit avec les louveteaux, quoique, naturellement, ils fussent devenus loups quand lui-même comptait à peine pour un enfant ; et père Loup lui enseigna sa besogne, et le sens de toutes choses dans la jungle, jusqu’à ce que chaque frémissement de l’herbe, chaque souffle de l’air chaud dans la nuit, chaque intonation des hiboux au-dessus de sa tête, chaque bruit d’écorce égratignée par la chauve-souris au repos, un instant, dans l’arbre, chaque saut du plus petit poisson dans la mare, prissent juste autant d’importance pour lui que pour un homme d’affaires son travail de bureau. Lorsqu’il n’apprenait pas, il s’asseyait au soleil et dormait, puis il mangeait, se réendormait ; lorsqu’il se sentait sale ou qu’il avait trop chaud, il se baignait dans les mares de la forêt, et lorsqu’il manquait de miel Baloo lui avait dit que le miel et les noix étaient tout aussi agréables à manger que la viande crue, il grimpait aux arbres pour en chercher, et Bagheera lui avait montré comment s’y prendre. Elle s’étendait sur une branche et appelait Viens ici, petit frère ! » et Mowgli commença par grimper comme fait le paresseux, mais par la suite il osa se lancer à travers les branches presque aussi hardiment que le singe gris. Il prit sa place au Rocher du Conseil, lorsque le clan s’y réunissait, et, là, il découvrit qu’en regardant fixement un loup quelconque il pouvait le forcer à baisser les yeux ainsi faisait-il pour s’amuser. À d’autres moments, il arrachait les longues épines du poil de ses amis, car les loups souffrent terriblement des épines et de tous les aiguillons qui se logent dans leur fourrure. Il descendait, la nuit, le versant de la montagne, vers les terres cultivées, et regardait avec une grande curiosité les villageois dans leurs huttes ; mais il se méfiait des hommes parce que Bagheera lui avait montré une boîte carrée, avec une trappe, si habilement dissimulée dans la jungle qu’il marcha presque dessus, et elle lui avait dit que c’était un piège. Ce qu’il aimait par-dessus tout, c’était de s’enfoncer avec Bagheera au chaud cœur noir de la forêt, pour dormir tout le long de la lourde journée, et voir, quand venait la nuit, comment Bagheera s’y prenait pour tuer elle tuait de droite, de gauche, au caprice de sa faim, et de même faisait Mowgli — à une exception près. Aussitôt qu’il eut l’âge de comprendre, Bagheera lui dit qu’il ne devrait jamais toucher au bétail parce qu’il avait été racheté, dans le Conseil du clan, au prix de la vie d’un taureau. — La jungle t’appartient, dit Bagheera, et tu peux y tuer tout ce que tu es assez fort pour tuer ; mais, en souvenir du taureau qui t’a racheté, tu ne dois jamais tuer ni manger de bétail jeune ou vieux. C’est la Loi de la Jungle. Mowgli s’y conforma fidèlement. Il grandit ainsi et devint fort comme le devient naturellement un garçon qui ne va pas à l’école et n’a à s’occuper de rien dans la vie que de choses à manger. Mère Louve lui dit, une fois ou deux, que Shere Khan n’était pas un être auquel on dût se fier, et qu’un jour il lui faudrait tuer Shere Khan ; et sans doute un jeune loup se fût rappelé cet avis à chaque heure de sa vie, mais Mowgli l’oublia parce qu’il n’était qu’un petit garçon — et pourtant il se serait donné à lui-même le nom de loup s’il avait su parler aucune langue humaine. Shere Khan se trouvait toujours sur son chemin dans la jungle. À mesure que le chef Akela prenait de l’âge et s’affaiblissait, le tigre boiteux s’était lié de grande amitié avec les loups plus jeunes de la tribu, qui le suivaient pour avoir ses restes, chose que jamais Akela n’aurait permise s’il avait osé aller jusqu’au bout de son autorité légitime. En outre, Shere Khan les flattait il s’étonnait que de si beaux jeunes chasseurs fussent satisfaits de se laisser conduire par un loup moribond et par un petit d’homme. — On me raconte, disait Shere Khan, que vous autres, au Conseil, vous n’osez pas le regarder entre les yeux ! Et les jeunes loups grondaient et hérissaient leur dos. Bagheera, qui avait les yeux et les oreilles partout, appris quelque chose de cela, et, une fois ou deux, expliqua nettement à Mowgli que Shere Khan le tuerait un beau jour. Et Mowgli riait, et répondait — J’ai pour moi le clan, j’ai toi… et Baloo, bien qu’il soit si paresseux, donnerait bien un coup de patte ou deux en mon honneur. Pourquoi m’effraierais-je ? Ce fut un jour de grande chaleur qu’une idée, née de quelque propos entendu, se forma dans le cerveau de Bagheera. Peut-être était-ce Sahi, le porc-épic, qui lui avait parlé de la chose. En tout cas, elle dit à Mowgli, comme ils étaient au plus profond de la jungle et que le petit garçon était couché, la tête sur la belle fourrure noire de la panthère — Petit Frère, combien de fois t’ai-je averti que Shere Khan est ton ennemi ? — Autant de fois qu’il y a de noix sur cette palme ! déclara Mowgli, qui, naturellement, ne savait pas compter. Et puis après ? … J’ai sommeil, Bagheera, et Shere Khan est tout en queue et en cris… comme Mor, le Paon. — Mais ce n’est plus temps de dormir. Baloo le sait, je le sais aussi, tout le clan le sait, et même ces imbéciles, ces imbéciles de daims le savent… Tabaqui te l’a dit lui-même. — Oh ! oh ! dit Mowgli, Tabaqui est venu à moi, il n’y a pas longtemps, pour me raconter je ne sais plus quelle impertinente histoire j’étais un petit d’homme, un petit nu, pas même bon à déterrer les truffes… Mais j’ai pris Tabaqui par la queue et l’ai cogné à deux reprises contre un palmier pour lui apprendre de meilleures manières. — C’était une sottise, car si Tabaqui est un faiseur de ragots, il n’en voulait pas moins te parler d’une chose qui te touche de près. Ouvre donc ces yeux-là, petit frère Shere Khan n’ose pas te tuer dans la jungle ; mais rappelle-toi bien qu’Akela est très vieux, que bientôt viendra le jour où il ne pourra plus tuer son chevreuil, et qu’alors il ne conduira plus le clan. Beaucoup des loups qui t’examinèrent quand tu fus présenté au Conseil sont vieux maintenant, eux aussi, et les jeunes loups pensent — Shere Khan leur a fait la leçon — qu’un petit d’homme n’est pas à sa place dans le clan. Bientôt tu seras un homme… — Et qu’est-ce que c’est qu’un homme qui ne courrait pas avec ses frères ? dit Mowgli. Je suis né dans la jungle, j’ai obéi à la Loi de la Jungle, et il n’y a pas un de nos loups des pattes duquel je n’aie tiré une épine. Ils sont bien mes frères ! Bagheera s’étendit de toute sa longueur, et ferma les yeux à demi. — Petit frère, dit-elle, mets ta main sous ma mâchoire. Mowgli avança sa forte main brune, et, juste sous le menton soyeux de Bagheera, où les formidables muscles roulaient dissimulés dans la fourrure lustrée, il sentit une petite place nue. — Il n’y a personne dans la jungle qui sache que moi, Bagheera, je porte cette marque… la marque du collier ; et pourtant, petit frère, je suis née parmi les hommes, et c’est parmi les hommes que ma mère mourut, dans les cages du palais royal, à Oodeypore. C’est à cause de cela que j’ai payé le prix au Conseil, quand tu étais un pauvre petit tout nu. Oui, moi aussi, je naquis parmi les hommes. Je n’avais jamais vu la jungle. On m’a nourrie derrière des barreaux dans une marmite de fer ; mais une nuit je sentis que j’étais Bagheera — la panthère — et non pas un jouet pour les hommes, je brisai la misérable serrure d’un coup de patte, et m’en allai. Puis, comme j’avais appris les manières des hommes, je devins plus terrible dans la jungle que Shere-Khan, n’est-il pas vrai ? — Oui, dit Mowgli, toute la jungle craint Bagheera… toute la jungle, sauf Mowgli. — Oh ! toi, tu es un petit d’homme ! dit la panthère noire avec une infinie tendresse ; et de même que je suis retournée à ma jungle, ainsi tu dois à la fin retourner aux hommes, aux hommes qui sont tes frères… si tu n’es point d’abord tué au Conseil ! — Mais pourquoi, pourquoi quelqu’un désirerait-il me tuer ? répliqua Mowgli. — Regarde-moi, dit Bagheera. Et Mowgli la regarda fixement, entre ses yeux. La grande panthère tourna la tête au bout d’une demi-minute. — Voilà pourquoi ! — dit-elle, en croisant ses pattes sur les feuilles. — Moi-même je ne peux te regarder entre les yeux, et pourtant je suis née parmi les hommes, et je t’aime, petit frère. Les autres, ils te haïssent parce que leurs yeux ne peuvent soutenir les tiens ; parce que tu es sage ; parce que tu as tiré de leurs pieds les épines… parce que tu es un homme. — Je ne savais pas ces choses, dit Mowgli d’un ton boudeur. Et il fronça ses lourds sourcils noirs. — Qu’est-ce que la Loi de la Jungle ? Frappe d’abord, et donne de la voix. À ton insouciance même, ils voient que tu es un homme. Mais sois prudent. J’ai au cœur une certitude la première fois que le vieil Akela manquera sa proie — et chaque jour il a plus de peine à agrafer son chevreuil — le clan se tournera contre lui et contre toi. Ils tiendront une assemblée sur le Rocher, et alors… et alors… J’y suis ! — dit Bagheera en se levant d’un bond. — Descends vite aux huttes des hommes dans la vallée, et prends-y un peu de la Fleur Rouge qu’ils y font pousser ; ainsi, quand le moment sera venu, auras-tu un allié plus fort même que moi ou Baloo ou ceux de la tribu qui t’aiment. Va chercher la Fleur Rouge. Par Fleur Rouge, Bagheera voulait dire du feu. Mais aucune créature de la jungle n’appelait le feu par son vrai nom. Chaque bête en éprouve, toute sa vie, une crainte mortelle, et invente cent manières de le décrire sans le nommer. — La Fleur Rouge ! dit Mowgli. Cela pousse au crépuscule auprès de leurs huttes. J’irai en chercher. — Voilà bien le petit d’homme qui parle ! dit Bagheera avec orgueil. Rappelle-toi qu’elle pousse dans de petits pots. Prends-en un rapidement, et garde-le avec toi pour le moment où tu en auras besoin. — Bon, dit Mowgli, j’y vais. Mais es-tu sûre, ô ma Bagheera — il passa son bras autour du cou splendide, et plongea son regard au fond des grands yeux — es-tu sûre que tout cela soit l’œuvre de Shere Khan ? — Par la Serrure brisée qui me délivra, j’en ai la certitude, petit frère ! — Alors, par le Taureau qui me racheta ! je payerai à Shere Khan ce que je lui dois, honnêtement ; il se peut même qu’il reçoive un peu plus que son compte. Et Mowgli partit d’un bond. — Voilà l’homme ! Voilà bien l’homme, se dit la panthère à elle-même en se recouchant. Oh ! Shere Khan, tu n’as jamais fait chasse plus dangereuse que cette chasse à la grenouille, il y a dix ans ! Mowgli était déjà loin parmi la forêt, trottant ferme, et il sentait son cœur tout chaud dans sa poitrine. Il arriva à la caverne au moment où s’élevait le brouillard du soir ; il reprit haleine et regarda en bas, dans la vallée. Les petits loups étaient sortis, mais la mère, au fond de la caverne, comprit, à son souffle que quelque chose troublait sa grenouille. — Qu’y a-t-il, fils ? dit-elle. — Des potins de chauve-souris à propos de Shere Khan ! répondit-il. Je chasse en terre labourée, ce soir. Et il plongea dans les broussailles pour gagner le cours d’eau, tout au fond de la vallée. Là, il s’arrêta, car il entendit les cris du clan en chasse, il entendit meugler un sambhur traqué, le râle de la bête aux abois. Puis montèrent des hurlements de dérision et de méchanceté c’étaient les jeunes loups. — Akela ! Akela ! Que le Solitaire montre sa force ! … Place au chef du clan ! Saute, Akela ! Le solitaire dut sauter et manquer sa prise, car Mowgli entendit le claquement de ses dents et un glapissement lorsque le sambhur, avec ses pieds de devant, le culbuta. Il ne resta pas à en écouter davantage, mais s’élança en avant ; et les cris s’affaiblirent derrière lui à mesure qu’il se hâtait vers les terres cultivées où demeuraient les villageois. — Bagheera disait vrai ! souffla-t-il, en se nichant parmi le fourrage amoncelé sous la fenêtre d’une hutte. — Demain, c’est le jour d’Akela et le mien. Alors, il appliqua son visage contre la fenêtre et considéra le feu sur l’âtre ; il vit la femme du laboureur se lever pendant la nuit et nourrir la flamme avec des mottes noires ; et quand vint le matin, à l’heure où blanchit la brume froide, il vit l’enfant de l’homme prendre une corbeille d’osier garnie de terre à l’intérieur, l’emplir de charbons rouges, l’enrouler dans sa couverture, et s’en aller garder les vaches. — N’est-ce que cela ? dit Mowgli. Si un enfant peut le faire, je n’ai rien à craindre. Il tourna le coin de la maison, rencontra le garçon nez à nez, lui arracha le feu des mains et disparut dans le brouillard, tandis que l’autre hurlait de frayeur. — Ils sont tout à fait semblables à moi ! dit Mowgli en soufflant sur le pot de braise, comme il l’avait vu faire à la femme. — Cette chose mourra si je ne lui donne rien à manger… Et il jeta quelques brindilles et des morceaux d’écorce sèche sur la chose rouge. À moitié chemin de la colline, il rencontra Bagheera, sur la fourrure de laquelle la rosée du matin brillait comme des pierres de lune. — Akela a manqué son coup, dit la Panthère. Ils l’auraient tué la nuit dernière, mais ils te voulaient aussi. Ils t’ont cherché sur la colline. — J’étais dans les terres labourées. Je suis prêt. Vois ! Mowgli lui tendit le pot plein de feu. — Bien ! … À présent j’ai vu les hommes jeter branche sèche dans cette chose, et aussitôt la Fleur Rouge s’épanouissait au bout… Est-ce que tu n’as pas peur ? — Non. Pourquoi aurais-je peur ? Je me rappelle maintenant… si ce n’est pas un rêve… qu’avant d’être un loup je me couchais près de la Fleur Rouge, et qu’il y faisait chaud et bon. Tout ce jour-là, Mowgli resta assis dans la caverne, veillant sur son pot de braise et y enfonçant des branches sèches pour voir comment elles brûlaient. Il chercha et trouva une branche qui lui parut à souhait, et, le soir, quand Tabaqui vint à la caverne lui dire assez rudement qu’on le demandait au Rocher du Conseil, il se mit à rire jusqu’à ce que Tabaqui s’enfuît. Et Mowgli se rendit au Conseil, toujours riant. Akela le Solitaire était couché à côté de sa pierre pour montrer que sa succession était ouverte, et Shere Khan, avec sa suite de loups nourris de restes, se promenait de long en large, objet de visibles flatteries. Bagheera était couchée à côté de Mowgli, et l’enfant tenait le pot de braise entre ses genoux. Lorsqu’ils furent tous rassemblés, Shere Khan prit la parole — chose qu’il n’aurait jamais osé faire aux beaux jours d’Akela. — Il n’a pas le droit, murmura Bagheera. Dis-le. C’est un fils de chien. Il aura peur. Mowgli sauta sur ses pieds. — Peuple Libre, s’écria-t-il, est-ce que Shere Khan est notre chef ?… Qu’est-ce qu’un tigre peut avoir à faire avec la direction du clan ? — Voyant que la succession était ouverte, et comme on m’avait prié de parler…, commença Shere Khan. — Qui t’en avait prié ? fit Mowgli. Sommes-nous tous des chacals pour flagorner ce boucher ? La direction du clan regarde le clan seul. Il y eut des hurlements — Silence, toi, petit homme ! — Laissez-le parler. Il a gardé notre loi ! Et, à la fin, les anciens du clan tonnèrent — Laissez parler le Loup Mort ! Lorsqu’un chef de clan a manqué sa proie, on l’appelle le Loup Mort » aussi longtemps qu’il lui reste à vivre, ce qui n’est pas long. Akela péniblement souleva sa vieille tête, péniblement — Peuple Libre, et vous aussi, chacals de Shere Khan, pendant douze saisons je vous ai conduits à la chasse et vous en ai ramenés, et pendant tout ce temps, nul de vous n’a été pris au piège ni estropié. Je viens de manquer ma proie. Vous savez comment a été nouée cette intrigue. Vous savez comment vous m’avez mené à un chevreuil qui n’avait pas été forcé, pour montrer ma faiblesse. Ce fut habilement fait. Vous avez maintenant le droit de me tuer sur le Rocher du Conseil. C’est pourquoi je demande Qui vient achever le Solitaire ? Car c’est mon droit, de par la Loi de la Jungle, que vous veniez un par un. Il y eut un long silence aucun loup ne se souciait d’un duel à mort avec le solitaire. Alors Shere Khan rugit — Bah ! Qu’avons-nous à faire avec ce vieil édenté ? Il est condamné à mourir ! C’est le petit d’homme qui a vécu trop longtemps. Peuple Libre, il fut ma proie dès le principe. Donnez-le-moi. J’en ai assez de cette plaisanterie d’homme-loup. Il a troublé la jungle pendant dix saisons. Donnez-moi le petit d’homme, ou bien je chasserai toujours par ici, et ne vous donnerai pas un os. C’est un homme, un enfant d’homme, et, dans la moelle de mes os, je le hais ! Alors, plus de la moitié du clan hurla — Un homme ! Un homme ! Qu’est-ce qu’un homme peut avoir à faire avec nous ? Qu’il s’en aille avec ses pareils. — C’est cela ! Pour tourner contre nous tout le peuple des villages ? vociféra Shere Khan. Non, non, donnez-le moi. C’est un homme, et nul de nous ne peut le fixer dans les yeux. Akela dressa de nouveau la tête, et dit — Il a partagé notre curée. Il a dormi avec nous. Il a rabattu le gibier pour nous. Il n’a pas enfreint un seul mot de la Loi de la Jungle ! — Et moi, je l’ai payé le prix d’un taureau, lorsqu’il fut accepté un taureau, c’est peu de chose ; mais l’honneur de Bagheera vaut peut-être une bataille ! dit Bagheera de sa voix la plus onctueuse. — Un taureau payé voilà dix ans ! grogna l’assemblée. Que nous importent des os qui ont dix ans ! — Et un serment ? fit Bagheera en relevant sa lèvre sur ses dents blanches. Ah ! on fait bien de vous nommer le Peuple Libre ! — Nul petit d’homme ne doit courir avec le Peuple de la Jungle ! rugit Shere Khan. Donnez-le-moi ! — Il est notre frère en tout, sauf par le sang, poursuivit Akela ; et vous le tueriez ici !… En vérité, j’ai vécu trop longtemps. Quelques-uns d’entre vous sont des mangeurs de bétail, et j’ai entendu dire que d’autres, suivant les leçons de Shere Khan, vont par la nuit noire enlever des enfants aux seuils des villageois. Donc je sais que vous êtes lâches, et c’est à des lâches que je parle. Il est certain que je dois mourir, et ma vie ne vaut plus grand-chose ; autrement, je l’offrirais pour celle du Petit d’Homme. Mais, afin de sauver l’honneur du clan… presque rien, apparemment, qu’à force de vivre sans chef vous avez oublié… je m’engage, si vous laissez le Petit d’Homme retourner chez les siens, à ne pas montrer une dent lorsque le moment sera venu pour moi de mourir. Je mourrai sans me défendre. Le clan y gagnera au moins trois existences. Je ne puis faire plus ; mais, si vous consentez, je puis vous épargner la honte de tuer un frère auquel on ne saurait reprocher aucun tort… un frère qui fut réclamé, acheté, pour être admis dans le clan, suivant la Loi de la Jungle. — C’est un homme ! … un homme ! … un homme ! gronda l’assemblée. Et la plupart des loups firent mine de se grouper autour de Shere Khan, dont la queue se mit à fouailler les flancs. — À présent, l’affaire est en tes mains ! dit Bagheera à Mowgli. Nous autres, nous ne pouvons plus rien que nous battre. Mowgli se leva, le pot de braise dans les mains. Puis il s’étira et bâilla au nez du Conseil ; mais il était plein de rage et de chagrin, car, en loups qu’ils étaient, ils ne lui avaient jamais dit combien ils le haïssaient. — Écoutez ! Il n’y a pas besoin de criailler comme des chiens. Vous m’avez dit trop souvent, cette nuit, que je suis un homme et cependant je serais resté un loup, avec vous, jusqu’à la fin de ma vie ; je sens la vérité de vos paroles. Aussi, je ne vous appelle plus mes frères, mais sag chiens, comme vous appellerait un homme… Ce que vous ferez, et ce que vous ne ferez pas, ce n’est pas à vous de le dire. C’est moi que cela regarde ; et afin que nous puissions tirer la chose au clair, moi, l’homme, j’ai apporté ici un peu de la Fleur Rouge que vous, chiens, vous craignez. Il jeta le pot sur le sol, et quelques charbons rouges allumèrent une touffe de mousse sèche qui flamba, tandis que tout le Conseil reculait de terreur devant les sauts de la flamme. Mowgli enfonça la branche morte dans le feu jusqu’à ce qu’il vît des brindilles se tordre et crépiter, puis il la fit tournoyer au-dessus de sa tête au milieu des loups qui rampaient de terreur. — Tu es le maître ! fit Bagheera à voix basse. Sauve Akela de la mort. Il a toujours été ton ami. Akela, le vieux loup farouche, qui n’avait jamais imploré de merci dans sa vie, jeta un regard suppliant à Mowgli, debout près de lui, tout nu, sa longue chevelure noire flottant sur ses épaules, dans la lumière de la branche flamboyante qui faisait danser et vaciller les ombres. — Bien ! dit Mowgli, en promenant avec lenteur un regard circulaire. Je vois que vous êtes des chiens. Je vous quitte pour retourner à mes pareils… si vraiment ils sont mes pareils… La Jungle m’est fermée, je dois oublier votre langue et votre compagnie ; mais je serai plus miséricordieux que vous parce que j’ai été votre frère en tout, sauf par le sang, je promets, lorsque je serai un homme parmi les hommes, de ne pas vous trahir auprès d’eux comme vous m’avez trahi. Il donna un coup de pied dans le feu, et les étincelles volèrent. — Il n’y aura point de guerre entre aucun de nous dans le Clan. Mais il y a une dette qu’il me faut payer avant de m’en aller. Il marcha à grands pas vers l’endroit où Shere Khan était couché, clignant de l’œil stupidement aux flammes, et le prit, par la touffe de poils, sous le menton. Bagheera suivait en cas d’accident. — Debout, chien ! cria Mowgli. Debout quand un homme parle, ou je mets le feu à ta robe ! Les oreilles de Shere Khan s’aplatirent sur sa tête, et il ferma les yeux, car la branche flamboyante était tout près de lui. — Cet égorgeur de bétail a dit qu’il me tuerait en plein conseil, parce qu’il ne m’avait pas tué quand j’étais petit. Voici… et voilà… et voilà… comment nous, les hommes, nous battons les chiens. Remue seulement une moustache, Lungri, et je t’enfonce la Fleur Rouge dans la gorge ! Il frappa Shere Khan de sa branche sur la tête, tandis que le tigre geignait et pleurnichait dans une agonie d’épouvante. — Peuh ! chat de jungle roussi, va-t’en maintenant, mais souviens-toi de mes paroles la première fois que je reviendrai au Conseil du Rocher, comme il sied que vienne un homme, ce sera avec la peau de Shere Khan sur ma tête. Quant au reste, Akela est libre de vivre comme il lui plaît. Vous ne le tuerez pas, parce que je ne le veux pas. J’ai idée, d’ailleurs, que vous n’allez pas rester ici plus longtemps, à laisser pendre vos langues comme si vous étiez quelqu’un, au lieu d’être des chiens que je chasse… ainsi… Allez ! Le feu brûlait furieusement au bout de la branche, et Mowgli frappait de droite et de gauche autour du cercle, et les loups s’enfuyaient en hurlant sous les étincelles qui brûlaient leur fourrure. À la fin, il ne resta plus que le vieil Akela, Bagheera et peut-être dix loups qui avaient pris le parti de Mowgli. Alors, Mowgli commença de sentir quelque chose de douloureux au fond de lui-même, quelque chose qu’il ne se rappelait pas avoir jamais senti jusqu’à ce jour ; il reprit haleine et sanglota, et les larmes coulèrent sur son visage. — Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ? dit-il. Je n’ai pas envie de quitter la jungle… et je ne sais pas ce que j’ai. Vais-je mourir, Bagheera ? — Non, Petit Frère. Ce ne sont que des larmes, comme il arrive aux hommes, dit Bagheera. Maintenant, je vois que tu es un homme, et non plus un petit d’homme. Oui, la jungle t’est bien fermée désormais… Laisse-les couler, Mowgli. Ce sont seulement des larmes. Alors Mowgli s’assit et pleura comme si son cœur allait se briser ; il n’avait jamais pleuré auparavant, de toute sa vie. — À présent, dit-il, je vais aller vers les hommes. Mais d’abord il faut que je dise adieu à ma mère. Et il se rendit à la caverne où elle habitait avec Père Loup, et il pleura dans sa fourrure, tandis que les autres petits hurlaient misérablement. — Vous ne m’oublierez pas, dit Mowgli. — Jamais, tant que nous pourrons suivre une piste ! dirent les petits. Viens au pied de la colline quand tu seras un homme, et nous te parlerons ; et nous viendrons dans les labours pour jouer avec toi la nuit. — Reviens bientôt ! dit Père Loup. Ô sage petite Grenouille ; reviens-nous bientôt, car nous sommes vieux, ta mère et moi. — Reviens bientôt ! dit Mère Louve, mon petit tout nu ; car, écoute, enfant de l’homme, je t’aimais plus que je n’ai jamais aimé les miens. — Je reviendrai sûrement, dit Mowgli ; et quand je reviendrai, ce sera pour étaler la peau de Shere Khan sur le Rocher du Conseil. Ne m’oubliez pas ! Dites-leur, dans la jungle, de ne jamais m’oublier ! L’aurore commençait à poindre quand Mowgli descendit la colline, tout seul, en route vers ces êtres mystérieux qu’on appelle les hommes. Le dimanche de la Parole de Dieu a été institué par le pape François en 2019 et sera célébré pour la troisième fois le dimanche 23 janvier 2022. Dans les paroisses, cette journée peut être l’occasion de proposer une remise de la Bible aux catéchistes et accompagnateurs engagés dans l’annonce de la foi au cours de la célébration dominicale. Retrouvez d’autres propositions dans le dossier Dimanche de la Parole de Dieu et catéchèse. Déroulé de la célébration Chant d’entrée Que vive mon âme à te louer SYLF244 Z118-23 Je t’exalte ô Roi mon Dieu Pour un mot d’accueil Le pape François a demandé que le troisième dimanche du temps ordinaire soit le dimanche de la Parole de Dieu. Bien sûr, chaque dimanche, chaque eucharistie comprend le temps de la Parole. Mais il souhaite que nous puissions reprendre conscience, personnellement et en communauté du bonheur de pouvoir écouter et nous nourrir de la Parole de Dieu. Elle est parole de Vie. Elle nous redit que Dieu nous propose d’entrer en Alliance avec lui, par son Fils Jésus. Lire, écouter, partager et prier l’Ecriture c’est nous ressourcer au cœur même du Salut/ vivre du Salut. Le pape écrit Que le dimanche de la Parole de Dieu puisse faire grandir dans le peuple du Seigneur la religiosité et l’assiduité avec les Saintes Ecritures, comme l’auteur sacré enseignait déjà dans les temps anciens elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique’ ». Entrons donc dans cette célébration dans l’action de grâce d’avoir accès à la Parole de Dieu. Demandons à l’Esprit Saint d’ouvrir nos oreilles et nos cœurs pour entendre ce que le Seigneur veut nous dire ! Procession du lectionnaire Après la prière d’ouverture, pour entrer dans la liturgie de la Parole, on peut prévoir une procession. Le lectionnaire est porté par un laïc entouré de deux céroféraires. Pendant ce temps on peut chanter Tu nous parles aujourd’hui X 54-03 Sa Parole est lumière Z564 X564 Gloire au Christ, Parole éternelle A7 Seigneur que ta parole A 51 Ta parole est la lumière U 11-19 Voix des prophètes U 7 Un temps musical instrumental Remise de la Bible aux catéchistes La personne responsable de la catéchèse appelle les catéchistes et les accompagnateurs par leur prénom. Chacun répond en se levant Me voici ». Puis, les catéchistes viennent se présenter au bas des marches du chœur. Le célébrant prononce quelques mots en invitant l’assemblée à se joindre à un moment de communion dans la prière avec les catéchistes. On peut proposer un court moment de silence. Puis le célébrant procède à la bénédiction des catéchistes cf Livre des bénédictions Regarde Seigneur, tes serviteurs et tes servantes qui se proposent pour assurer la catéchèse, par ta bénédiction +, confirme leur disposition pour qu’ils instruisent d’abord en méditant ta parole et en respectant toute la doctrine de l’Eglise. Qu’ils puissent à leur tour enseigner leurs frères et te servir avec joie en même temps que ceux-ci. Par Jésus le Christ, notre Seigneur. AMEN » Pendant ce temps on peut chanter Que vive mon âme à te louer Sa Parole est lumière Comme un souffle fragile Ecoute la voix du Seigneur Heureux, bienheureux, qui écoute la Parole de Dieu Credo Le Credo qui vient ensuite nous aide à entrer dans la contemplation du mystère de la double nature du Christ, parole incarnée ». Introduction possible Comme chaque dimanche, après avoir écouté la Parole de Dieu, nous allons dans quelques instants nous lever pour redire la foi de notre baptême. Tout comme le saint Père nous invite dans le Motu proprio Aperuit Illis à ne jamais s’accoutumer à la Parole de Dieu », redisons avec joie et avec un cœur nouveau, le symbole de Nicée Constantinople. Ce dernier nous invite en ce dimanche de la Parole à confesser que Jésus est bien vrai Dieu et vrai homme ; Verbe de Dieu, parole vivante ! Préparation des dons procession des offrandes avec les catéchistes Introduction possible Le Pape François insiste sur la place unique et complémentaire de chacune des deux tables auxquelles nous sommes invités à chaque eucharistie la table de la parole et la table de l’eucharistie / du pain. Il cite là le Concile Vatican II L’Eglise a toujours vénéré les divines Ecritures comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie de la table de la Parole de Dieu et de celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles ». Les catéchistes signifient ce lien entre les deux tables en participant maintenant à la procession des offrandes, à laquelle nous nous associons tous dans la prière. Pendant ce temps Musique ou Chant Préparons la table B 21-85 ; Tout vient de toi C 66

dit leur de baisser la lumiere parole